Le pays est suspendu aux négociations avec le FMI. Ça passe ou ça casse!


Décideurs, experts et économistes ont déjà alerté que la dette publique frôle désormais le seuil de l’insoutenabilité. En 2022, elle devrait atteindre 82,6% du PIB. De l’autre côté de la balance, il y a l’économie qui est rudement éprouvée par le covid-19. Elle croît très lentement. A ce rythme, elle ne retrouverait son niveau pré-crise qu’à partir de 2023. Les marges de manœuvre budgétaires sont quasi-inexistantes. Faute d’espace budgétaire, l’investissement public, un des principaux moteurs de la croissance, est sacrifié. Le pays est dos au mur. Les observateurs économiques affirment à l’unisson qu’en ces temps de disette budgétaire, un accord avec le FMI est vital, pour pouvoir accéder au financement extérieur, dont les besoins sont estimés à 12,652 milliards de dinars en 2022. Les grandes réformes ne peuvent plus attendre, disent-ils. Illico presto, le gouvernement s’est retroussé les manches et s’est lancé dans une course contre la montre pour engager les réformes recommandées par le FMI. C’est, en tout cas, ce qui ressort des déclarations médiatiques de la ministre des Finances, Mme Sihem Nemsia Boughdiri, qui a annoncé, lors de la conférence de presse organisée mardi 28 décembre pour présenter la loi de finances 2022, que la Tunisie va reprendre les négociations sur le programme des réformes avec le Fonds monétaire international, au début de cette année. Percés à jour, les grands axes des réformes de la politique budgétaire sont un secret de polichinelle. Il s’agit essentiellement de la réduction de la masse salariale, la réforme des entreprises publiques, la transition vers un système de subvention, ciblé qui profite uniquement aux couches sociales vulnérables et la réforme de la fiscalité. Un vaste chantier qui devrait permettre, in fine, de libérer l’espace budgétaire pour impulser l’investissement public et investir dans les services publics. Mais troquer le système universel de subvention, que ce soit à l’énergie ou aux produits alimentaires de base contre un système ciblé, ne peut-il pas se répercuter, négativement, sur la classe moyenne qui n’a cessé de s’éroder depuis 2011 et qui n’arrive plus à joindre les deux bouts ? Grande oubliée des politiques menées après 2011, la classe moyenne s’asphyxie financièrement, de jour en jour. Aujourd’hui, sous l’effet de la crise covid-19, elle broie du noir. Pourtant, elle est l’un des piliers de l’économie. Certes, les réformes sont la seule bouée de sauvetage à laquelle doit s’accrocher le pays. Mais elles devraient également prendre en compte et préserver le pouvoir d’achat non seulement des plus pauvres mais aussi des classes moyennes.

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