Au lieu de chercher à faire l’union et l’adhésion  autour de son groupe, Mondher Kebaïer continue à alimenter un climat de tension avec les médias comme principale cible. Ce n’est pas  de bon augure pour un parcours qu’on veut réussir.

Le torchon brûle toujours entre le patron de l’équipe de Tunisie et une partie des médias sportifs et ça ne fait qu’élargir le cercle et la liste de ses détracteurs. Ce n’est pas assurément le bon chemin a emprunter pour une bonne entrée dans la coupe d’Afrique qui débute dans quelques jours, laquelle ouvrira la voie à une excellente prestation et à de bons résultats avec le passage aux quarts puis aux demies, à la finale et pourquoi pas au podium comme champions du continent. Ce n’est pas aussi la bonne méthode pour assurer son règne et sa longévité à la tête des Aigles de Carthage. Un sélectionneur, ce n’est plus cet entraîneur des années 80 et 90 qui détient toutes les vérités, qui n’écoute personne, qui n’accorde pas d’importance aux avis différents et qui décide de tout en solitaire. Cette époque est bien révolue.  Le premier critère de réussite dans ce dur métier et dans cette tâche complexe, ce n’est pas la jeunesse arrogante, mais c’est l’humilité et surtout la lucidité même avec l’âge. Oscar Tavarez, le sélectionneur septuagénaire de l’équipe d’Uruguay, a dirigé les séances d’entraînement lors de la Copa America 2016 en fauteuil roulant et le Mondial 2018 en Russie en s’appuyant sur des béquilles. Il était El Maestro mais il travaillait en équipe. Pour Mondher Kebaïer,  même le remplacement de son ex-adjoint Adel Sellimi n’est pas une urgence et une priorité. Son seul conseiller technique sur le banc sera donc Jalel Kadri qui n’est pas un poids lourd pour déranger ou hausser le ton et dire non.

Manager général et fabricant de confiance

Un sélectionneur national , ce n’est plus un chef d’équipe limité au terrain  mais presque un manager général. La communication, à laquelle il doit accorder une attention et un intérêt particuliers, est l’une de ses premières prérogatives et un critère de choix et de premier plan  pour la bonne gestion du groupe et la réussite d’une épreuve et d’un parcours. «Un bon coach de football moderne, contrairement aux années 70 et 80, c’est 70% de com et 30% de terrain», disait Rudi Garcia. Un sélectionneur doit donc avoir dans son bagage un sens de la communication très développé. La communication interne avec ses joueurs pour gérer les différences dans un groupe hétérogène, assurer union et solidarité entre les cadres, piliers et moteurs de l’équipe et les jeunes talents et étoiles qui montent et qui ont leur place dans le dispositif et le système pour éviter les conflits et les fissures dans le béton construit. «Un entraîneur est avant tout un fabricant de confiance dans le groupe. Confiance entre les joueurs cadres qui donnent la vérité du climat déterminant dans les vestiaires et les jeunes piliers de l’ossature et du Onze de départ», indiquait et résumait à la perfection Gérard Houiller, entraîneur,  sélectionneur et directeur technique national de renommée du football français.  La communication externe avec l’entourage, les supporters et les médias est non moins importante. Les interviews données, les mots prononcés, les explications avancées doivent être sobres, positifs et constructifs et pas déchaînés et destructifs surtout après un match pas très convaincant ou un parcours décevant par son issue afin de  maintenir les joueurs en éveil pour le match ou l’échéance et l’épreuve qui suivent. C’est cet exercice complexe de la bonne transition calme entre la Coupe arabe et la Coupe d’Afrique que n’a pas réussi jusqu’à maintenant Mondher Kebaïer au point de faire complètement fausse route et de risquer de perdre entièrement les pédales. Cet intermède raté au niveau de la communication peut lui jouer à lui et à l’équipe de Tunisie, dont il a le destin et la responsabilité en main, un bien mauvais tour. Il est encore temps pour lui de faire son mea-culpa et de se ressaisir avant le date du 12 janvier,  jour de son premier match et examen dans la CAN contre le Mali. Adversaire de grand calibre et de très haut niveau qui demande extrêmement de lucidité et de concentration sur le terrain plus que sur les commentaires qui lui ne plaisent pas ou qui ne font pas l’éloge de ces statistiques dont il ne cesse de se vanter. 

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