LA consultation électronique préconisée pour sonder les demandes et les attentes des Tunisiens en matière de réformes politiques et économiques sera-t-elle suffisante pour toucher tout le monde ? Les premiers essais montrent à quel point ce mode de communication, aussi moderne et sophistiqué soit-il, reste inaccessible et n’est pas généralisé. 

Déjà les obstacles techniques et logistiques liés en premier lieu à cette faible infrastructure de télécommunications dans notre pays doivent nous amener à réviser certains points. Non seulement cette consultation électronique reste un peu risquée avec une cybercriminalité qui peut attaquer les systèmes et les plateformes digitales les plus protégées, mais elle reste inaccessible pour une bonne partie des Tunisiens.

Nous sommes en Tunisie, un pays en voie de développement et qui a encore des segments de population — selon les critères âge et revenus, sans oublier la région — qui n’ont pas accès au Net ou ne veulent pas s’en servir. Il faut l’admettre et ce n’est pas une tare. Ces gens ne veulent pas aussi déléguer d’autres personnes pour répondre à leur place ou pour leur expliquer la teneur des questions et leur transcrire ce qu’ils veulent dire.

Donc, les modes de dialogue classiques tels que le référendum (moyen institutionnel), les interviews (passer par le terrain pour recueillir les réponses), les appels téléphoniques, les réunions en direct sont aussi à prendre en considération.

Il ne faut pas tomber dans le piège de la seule idée de dialoguer avec les Tunisiens, différents par leurs profils et par leurs attentes. Même le dialogue classique avec les institutions et les organisations de la société civile où des milliers des Tunisiens opèrent est aussi un mode de dialogue qui peut être très pertinent.

La technologie, même avec ses avantages et la rapidité de ses opérations, ne peut à elle seule offrir une couverture du public ciblé. C’est une évidence. Les premiers handicaps et les premiers signes de rejet de la consultation électronique sont justifiés et significatifs.

Au premier décideur d’être plus souple et de planifier d’autres modes et méthodes pour sonder les avis des Tunisiens. Ainsi, les résultats seront plus crédibles et les réformes à mener plus efficaces et plus réalisables. Il ne faudra pas oublier aussi le coût et la méthodologie de l’interprétation des futurs résultats ; c’est même plus capital que le sondage et la consultation.

Comment le faire ? Avec quels moyens et quelles techniques ? Tout cela doit être bien réfléchi pour éviter que l’expérience échoue. Encore une fois, la pluralité des modes de dialogue est une idée basique pour garantir une meilleure représentativité des Tunisiens et des résultats probants qui permettent d’avancer.

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Un commentaire

  1. BRAHIM

    05/01/2022 à 20:51

    Tout à fait d’accord avec votre analyse et votre conclusion. Je crains le fiasco ! Comme souvent, on décide, on agit avant de réfléchir à la faisabilité. C’est ainsi et bien dommage ! Notre Président en donne l’exemple au quotidien.

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