Le jeune Ahmed Sghiri nous rappelle que chaque crise est aussi une opportunité qu’il ne faut pas gâcher.


Avant l’arrivée de la crise sanitaire liée au covid-19, le jeune Ahmed Sghiri était un ingénieur en aéronautique. Il avait une vie pleine de rêves et d’aspirations, mais qui a basculé au cauchemar en avril 2020, avec la propagation de la pandémie et la crise économique qui ont envahi le pays. Ahmed a perdu son travail, et son nom a été ajouté à la liste des milliers de chômeurs en Tunisie.

Mais malgré cette situation, Ahmed a décidé de ne pas se laisser abattre, de voir encore plus loin et de continuer à faire preuve d’un esprit novateur. Il a fait de sa détermination une arme, de son intelligence un guide, et de ses connaissances un moyen pour lancer son nouveau projet, « Coffee Bike », qui est le premier café mobile dans le pays. Unique en son genre en Tunisie, ce nouveau concept de cafétéria mobile est axé sur ceux qui aiment déguster un bon café dans le parc extérieur ou prendre un café de passage.

Le choix de faire du café n’est pas fortuit, puisque c’est la boisson la plus demandée en Tunisie. Et puisque les autorités sanitaires ont imposé la fermeture des cafés tôt pendant la période du confinement pour éviter les attroupements, le jeune Ahmed s’est inspiré des modèles européens et américains de cafés mobiles. Cette idée est aussi répandue dans les pays arabes, comme le Maroc et l’Algérie, avant de gagner la Tunisie à travers son premier projet.

Aujourd’hui, avec son vélo, ce jeune trentenaire parcourt le gouvernorat de Ben Arous en se déplaçant avec les gobelets d’un endroit à un autre, pour que les passagers puissent boire à la va-vite leurs cafés ou les emmener chauds dans des gobelets en carton vers leurs lieux de travail. Plus précisément, chaque jour, Ahmed quitte son domicile tôt le matin et se dirige vers le centre-ville d’El Mourouj, collèges ou universités où la surpopulation double ou vers des endroits où ses clients lui demandent de se rendre.

Un projet ami de l’environnement

Contrairement à beaucoup de jeunes qui ont décidé de quitter le pays, Ahmed a décidé d’y rester et d’investir les connaissances qu’il avait accumulées au cours de ses années d’études universitaires et de travail dans le domaine de l’ingénierie industrielle, outre sa passion pour les courses à pied et le cyclisme. Il a donc réussi à créer ce projet respectueux de l’environnement, puisque le principal avantage du vélo est qu’il n’émet pas de gaz nocifs, bien qu’une voiture ou une moto soit plus rentable, étant donné qu’elle permet le transport vers des endroits éloignés en un peu de temps.

Par ailleurs, malgré le problème récurrent de financement qu’il a rencontré au début de cette aventure, aujourd’hui, Ahmed veut aller encore plus loin et rêve de l’ouverture de nouvelles filiales de son café mobile dans d’autres gouvernorats en dehors du Grand-Tunis. Ahmed estime que la réussite de son projet est la preuve que le chômage n’est pas une fatalité pour les chômeurs et qu’un individu peut construire tout seul son avenir, en regardant devant soi, avec comme bagage et expérience, les leçons apprises du passé.

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