Les prémices d’une nouvelle vague sont déjà là. Le grand nombre d’hospitalisations aura indubitablement de graves incidences sur la capacité d’accueil dans certains services, d’autant plus que le nouveau variant reste dangereux pour les personnes d’un âge avancé ou souffrant d’une maladie chronique.

«La nouvelle vague épidémiologique causée par le variant Omicron est à nos portes et les cas de tests positifs dépassent déjà les 50%», met en garde le directeur de l’Institut Pasteur de Tunis et président de la commission de vaccination, Hechmi Louzir. «L’augmentation du nombre des contaminés dans les jours à venir est inévitable», estime-t-il. Les propos des experts ne cessent de mettre en garde contre une explosion imminente des contaminations dans un contexte général marqué par une inexplicable réticence  à la vaccination et un étrange relâchement face aux nouvelles mesures sanitaires, ce qui n’est pas sans incidences sur le personnel médical et sur certains établissements scolaires.

Accélérer la vaccination, le maître mot

«Le nouveau variant Omicron est en passe de causer un grand nombre de cas d’infections parmi les blouses blanches», a alerté de sa part le chef du service des urgences de l’hôpital Abderahmen-Mami de l’Ariana, Rafik Boujdaria à la fin de la semaine dernière. Rien que pour une seule journée, cinq cas de contamination ont été prélevés, acculant certains services à réduire leur personnel, dont les services des urgences. Le grand nombre d’hospitalisations aura indubitablement de graves incidences sur la capacité d’accueil dans certains services, d’autant plus que le nouveau variant reste dangereux pour les personnes d’un âge avancé ou atteintes d’une maladie chronique, comme le souligne de son côté Hachemi Louzir.

La déferlante Omicron est inéluctable, avertissent les médecins et les spécialistes,  mais paradoxalement et sur le terrain, c’est l’indifférence totale et les mesures inhérentes au passe vaccinal ne sont pas en majeure partie bien appliquées. A cet effet, la directrice générale de l’Observatoire national des maladies nouvelles et émergentes, Nissaf Ben Alaya, n’a pas manqué d’attirer l’attention sur le relâchement observé au niveau de l’application du passe de vaccination.

Pour rappel, l’Union générale des étudiants de Tunisie (Uget) a rejeté la condition  se rapportant à la présentation d’un passe vaccinal pour le passage des examens. «Cette mesure privera les étudiants non vaccinés de leur droit de passer les examens», a souligné le syndicat des étudiants.

Pour sa part, et au moment où tout le monde s’attelle à renforcer la vaccination, la «Coordination des Tunisiens contre le passe vaccinal»  veut faire entendre sa voix. Un autre son de cloche dénonçant la vaccination obligatoire. Un mouvement de protestation a été organisé samedi dernier à Tunis mettant en doute l’efficacité du vaccin contre les variants du coronavirus.

Que faire alors face à cette augmentation inéluctable qui pourrait ramener le pays à la case de départ et saper tous les efforts de lutte contre le Covid-19 ? Pour le président de la commission de vaccination, Hechmi Louzir, qui prévoit une nette hausse des cas de contamination dans les prochains jours, «il est primordial de persévérer dans la vaccination tout en œuvrant à son renforcement et à l’application stricte des mesures de prévention, dont essentiellement le passe vaccinal».

Le ministre de la Santé, Ali M’rabet, a tiré la sonnette d’alarme en soulignant, lors de la commémoration du 11e anniversaire de la Journée du martyrs à Kasserine le 8 janvier, que notre pays n’est pas à l’abri de la cinquième vague de la pandémie du coronavirus avec ses deux mutants «Omicron» et «Delta» qui frappe le monde.

Bientôt la domination d’Omicron

«Le nombre de personnes infectées par le variant «Omicron», à forte propagation, ne cesse d’augmenter en Tunisie, ce qui nécessite davantage de vigilance et le respect des mesures préventives et des dispositions des protocoles sanitaires», a  ajouté le ministre de la Santé. Anticipant cette cinquième vague déferlante, il a déclaré à la TAP que son département  avait  pris «les dispositions nécessaires en prévision de cette vague en dotant les établissements de santé de lits de réanimation et d’oxygène et accéléré la campagne de vaccination. Plus de six millions de Tunisiens ont été entièrement vaccinés».

Le bilan épidémiologique global de notre pays fait état de 741.259 cas confirmés et 25.655 décès depuis l’apparition de la pandémie dans le pays, en mars 2020. Les cas de Covid-19 sont en hausse avec 1.916 nouvelles contaminations recensées en moyenne chaque jour.

Cela représente 24% du pic des infections.

Le nombre moyen le plus élevé de cas de contamination quotidiens a été enregistré le 12 juillet

Depuis le démarrage de la campagne nationale de vaccination contre le coronavirus le 13 mars dernier, 6.027.072 Tunisiens sont entièrement vaccinés parmi plus de 7,7 millions inscrits sur la plateforme électronique Evax.

Au 4 janvier, plus de trente cas de contamination par le variant Omicron ont été signalés, selon Mahjoub Ouni, membre de la Commission scientifique de lutte contre le Covid-19 à la TAP. Ce dernier avait affirmé que «le variant Delta reste dominant en Tunisie, mais il va céder la place à Omicron dans les semaines à venir».

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