Les démissionnaires affirment avoir soumis au secrétaire général du parti lui-même un rapport à propos de ses abus, mais n’ont pas reçu de réponse, ce qui les aurait «poussés à la démission».
En ces délicats moments où la plupart de nos partis politiques vivent des mouvements de panique à l’approche des prochaines échéances électorales, notamment législatives, nos politiciens songent tout d’abord à maintenir leurs positions et à s’assurer une place au soleil : députation, poste de délégué, responsabilité partisane ou ministérielle…

Les présidentiables manœuvrent pour le rester ou, mieux, pour concrétiser le rêve de se hisser à la magistrature suprême. Les ministrables ou premier-ministrables se constituent en groupes de pression au sein des sphères influentes et auprès des partis qui montent. Bref, ça bouge dans tous les sens, ça négocie, ça discute et mille et un plans de carrière s’échafaudent ou s’ébranlent en des laps de temps très courts à l’épreuve des programmes politiques, des alliances et des promesses.

Les tractations en cours entre Nida et autres Machrou ou encore Tahya Tounès ont connu et connaissent de pareilles tergiversations depuis plusieurs mois, et la spirale n’est pas sur le point de se stabiliser.

Après l’annonce de démissions au sein d’Al Moubadara destourienne démocratique comme suite à un projet de fusion avec Tahya Tounès, voilà que l’annonce de l’Alliance entre Nida Tounès (fraction Hammamet) et Machrou Tounès suscite des bruits quant à de «nombreuses démissions» chez les machrouistes. Mais ce ne fut qu’un maigre feu de paille.

Onze membres du parti de Mohsen Marzouk, tous de la section régionale de Ben Arous, ont présenté une lettre de démission collective dont les motivations ont été rapportées par certains journaux. Mais le déni du secrétaire général régional du parti à Ben Arous, Aziz Belakhdhar, a vite calmé la rumeur, a contrario d’une correspondance de certains «représentants des structures» locales ou régionales du parti adressée à l’agence TAP.

Il est important de noter que la démission des onze n’a aucun rapport avec l’éventuelle fusion en cours, puisqu’ils incriminent, dans leur lettre, « la détérioration du climat de travail ainsi que l’existence de dépassements et de dysfonctionnements au sein du bureau régional de Ben Arous qui dénotent une incapacité des responsables à prendre des décisions ».

Et les démissionnaires d’affirmer avoir soumis au secrétaire général du parti lui-même un rapport à propos de ces abus, mais n’ont pas reçu de réponse, ce qui les aurait «poussés à la démission».

L’annonce de la coalition entre le parti de Salma Elloumi et celui de Mohsen Marzouk n’a donc pas vraiment suscité de mécontentement au sein de ces partis qui invitent tous les centristes réformistes à les rejoindre, et en premier lieu les diverses fractions nidaïstes et Tahya Tounès.

Seul problème pouvant provoquer des réactions négatives, la concurrence qui pourrait opposer les trop nombreux cadres et militants de cette large mouvance centriste. C’est la raison pour laquelle les groupes parlementaires sortants répugnent à lâcher prise et sont encore capables de poser des conditions ou de susciter des problèmes «de principe» pour ralentir le processus.

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