Si le gouvernement devrait avoir une priorité, ce sera l’intenable spirale d’endettement dans laquelle s’enfonce le pays depuis des années. En Tunisie, l’endettement, qui est censé servir l’investissement, est devenu une pratique structurelle pour couvrir les dépenses de gestion. Il faut préciser que l’endettement excessif peut mettre en péril la souveraineté d’un Etat.

Eu égard à la réalité des comptes de notre pays et au cumul qui n’a fait qu’accentuer le stock de la dette publique, les opérateurs économiques en donnent une résonance d’autant plus lugubre : la Tunisie est en train de se diriger vers un défaut de paiement et est arrivé à ne plus être en mesure de rembourser ses créanciers, et ce, en dépit des multiples plans de sauvetage proposés par les institutions financières internationales.

Pour la loi des finances (LF) pour l’exercice 2022, l’Etat a besoin de 20 milliards de dinars pour atteindre l’équilibre budgétaire. Et à cet égard, le gouvernement compte emprunter, au cours de cette année, pour rembourser ses dettes et débloquer la situation. En sollicitant le FMI dans sa démarche de sortie de crise, le ministère des Finances a préparé un document élaboré par plus de 80 experts tunisiens contenant un programme de réformes économiques dans plusieurs secteurs qui sera négocié avec cette institution financière. Un programme structuré  autour de la politique budgétaire (masse salariale, subventions, fiscalité, entreprises publiques, politique financière, paiements, solidité et inclusion financière), la politique monétaire  et les réformes structurelles (climat des affaires, lutte contre la corruption, transition écologique…).

L’accord en question, selon la ministre des Finances, ne couvrira pas l’ensemble de cette somme, mais encouragera les partenaires de la Tunisie à s’engager dans des négociations bilatérales tout en restant attentive aux recommandations et aux orientations.

Selon la note, sans ces réformes, le déficit budgétaire atteindra 15,5 milliards de dinars en 2022, contre 10,4 milliards de dinars en 2021, soit 11,2% du PIB. Les dépenses de financement seront, également, portées à 28,2 milliards de dinars  contre 21 milliards de dinars en 2021

Une loi de finances ne peut être la solution à tous les problèmes et le projet de Budget 2022 tente de résoudre une équation difficile dont les variables sont les équilibres macroéconomiques, la relance économique et les réformes  sociales.

La Tunisie, qui vit à un rythme décalé depuis des années, doit faire ses choix et traverser cette zone de turbulence pour éviter un naufrage économique aux conséquences irréversibles. Malgré les facteurs exogènes et endogènes perturbants, ses expériences précédentes peuvent l’orienter dans la réussite de cette transition.

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