La justice a du pain sur la planche ces derniers jours. Plusieurs affaires considérées comme cruciales, dont on attendait avec impatience le traitement depuis des années, viennent d’éclater au grand jour. Les Tunisiens, assoiffés de révélations et aussi de décisions, attendent que la justice tranche dans des délais raisonnables et aussi dans le strict respect des normes internationales prévalant à l’organisation de procès où les droits à la défense des prévenus seront scrupuleusement consacrés.

En attendant que Baghdadi Mahmoudi, le dernier Premier ministre de  Moammar Kadhafi, introduise officiellement, comme il vient de l’annoncer dans certains médias, une plainte par-devant la justice tunisienne accusant le gouvernement tunisien à l’époque de la Troïka de l’avoir livré en juin 2012 aux milices libyennes en contrepartie d’une somme estimée, selon l’ancien ministre des Finances du même gouvernement Houcine Dimassi, «à 200 millions de dollars encaissés par Ennahdha» (sans que le parti nahdhaoui ne réagisse jusqu’à aujourd’hui à cette déclaration du même Dimassi qui a démissionné de ses fonctions pour protester — a-t-il assuré à l’époque — contre la vente de Mahmoudi aux miliciens de Abdelhakim Belhaj) et avant que l’épineux dossier de l’envoi de jeunes Tunisiens dans les foyers de tension en Libye, en Syrie et en Irak en mission de «jihadisme» ne soit ouvert officiellement, trois grande affaires considérées comme celles dont les Tunisiens attendent l’ouverture avec impatience depuis des années viennent d’éclater au grand jour.

Une impatience qui pourrait être assouvie au cas où les poursuites lancées suite à certaines accusations révélées par les médias ou par certains politiciens aboutiraient, dans des délais raisonnables, à des procès qui se tiendraient publiquement dans le respect total des normes internationales «où sera consacré le principe sacré de l’innocence du prévenu jusqu’à l’établissement par la justice de sa culpabilité et où tous ses droits à la défense seront préservés.

Et pleuvent les accusations et les «preuves»

Premier dossier ouvert médiatiquement : l’extradition — sous forme «de vente»  — de Baghdadi Mahmoudi par le gouvernement de la Troïka aux milices libyennes.

Mabrouk Korchid, député aux activités gelées depuis le 25 juillet 2021 et président du parti créé récemment sous l’appellation «Arraya Al Watania» et avocat de Mahmoudi à l’époque de son extradition, est tranchant : «Hamadi Jebali, Noureddine B’hiri et Saïed Ferjani ont livré Mahmoudi aux milices libyennes contre une somme d’argent».

«L’ancien Premier ministre libyen a été livré en catimini le 24 juin 2012 sans que le Président de la République, à l’époque le Dr Marzouki, en ait été informé, lui qui a déjà exprimé son opposition à l’extradition», ajoute Me Korchid.

Le député gelé appelle le Président Kaïs Saïed à engager les procédures qu’il faut contre les responsables de cette affaire «pour sauver l’image du pays contre une éventuelle condamnation internationale». Il va sans dire que Me Korchid fait  allusion aux conséquences que la Tunisie aura à subir au cas où Baghdadi Mahmoudi aurait gain de cause dans sa plainte à l’encontre du gouvernement de la Troïka.

Deuxième dossier: l’ouverture d’une enquête sur les circonstances du décès du Dr Jilani Dabboussi, ancien maire de Tabarka et ancien député sous Bourguiba et Ben Ali.

En effet, conformément aux articles 32, 59, 201, 202, 101 bis et 143 du Code pénal, une enquête a été  ordonnée, lundi 10 janvier, par le procureur de la République près le tribunal de première instance de Tunis dans le but d’expliciter les circonstances du décès du député en question.

Son fils, Sami Dabboussi, avance dans une plainte déposée auprès de la justice française que son père est resté deux ans et demi en détention, sans procès, malgré la détérioration de son état de santé, en dépit des nombreuses et vaines demandes de libération déposées par ses avocats».

La plainte déposée par la famille du Dr Dabboussi fait «état de violations criantes du pacte international relatif aux droits civiques et politiques commises par la Tunisie contre l’ancien député».

La troisième affaire est celle relative aux fonds très importants détenus par Rached Ghannouchi, Saïed Ferjani et Rafik Abdessalem. Selon un article publié lundi 10 janvier par le quotidien Achourouk, le pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme «a officiellement autorisé l’ouverture d’une enquête menée par l’unité centrale de lutte contre le terrorisme à Laâouina contre les trois responsables nahdhaouis», à leur tête Rached Ghannouchi, le président d’Ennahdha.

Toujours selon Achourouk, dans un article publié par l’hebdomadaire Al Anwar en date du 26 mars 2021, on apprend que Rached Ghannouchi détient une fortune estimée à 2.700 millions de dinars.

Al Anwar révèle encore: «Ce sont les services de renseignements égyptiens qui ont dévoilé ces documents dangereux sur l’argent de Ghannouchi à la suite du renversement du leader égyptien des Frères musulmans Ibrahim Ezzet qui est responsable des fonds des dirigeants des Frères musulmans en Egypte et à l’étranger».

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Un commentaire

  1. Zoghlami Brahim

    12/01/2022 à 17:21

    Dommage pour notre bien-aimée LA PRESSE… Est-ce un article professionnel ou un post de n’importe qui sur les réseaux sociaux…?

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