Objectif : identifier quel profil pour l’élève de demain et quels savoir-faire, compétences et prérequis d’apprentissage aura-t-il besoin ?

La récente journée d’étude sur la révision du système éducatif dans son cycle primaire avait débouché sur une série de procédures, unanimement adoptées par le ministère et ses partenaires sociaux, dont notamment l’Ugtt. Au siège de son département, Fethi Sellaouti, ministre de l’Education, a donné une conférence de presse pour présenter les grandes lignes d’un projet de réforme tant attendu, mais qui n’a toujours pas trouvé la bonne voie. Cette fois-ci, un tel chantier semble être pris au sérieux. « On ne doit pas démarrer d’une page blanche, mais on capitalisera sur nos expériences et initiatives réalisées en la matière », indique-t-il, soulignant que des rapports, des études et des sondages d’opinion seront également mis à profit.

Quatre commissions ad hoc

Pour ce faire, quatre commissions de pilotage, scientifique, pédagogique et celle chargée du suivi et de l’évaluation ont été constituées, opérant sous l’égide du ministre de tutelle. Elles comptent rendre leur copie dans dix mois, suivant un calendrier chronologique bien déterminé. Au fur et à mesure, il y aura, certes, des modifications et des ajustements, à même d’élaborer un projet de réforme bien ficelé. Volet programme et manuels scolaires, comme un des axes fédérateurs de la réforme. L’ultime but étant d’identifier quel profil pour l’élève de demain et quels savoir-faire, compétences et prérequis d’apprentissage aura-t-il besoin ? Cela étant, on considère que l’aspect culturel, social et sportif fait aussi partie de l’opération éducationnelle. L’accent a été mis sur l’allègement du poids des cartables, en optant pour seulement trois manuels scolaires, soit un livre pour chaque module d’apprentissage (langue arabe, sciences et français). Le tout sur fond d’une approche participative, globale et inclusive.

Révision du temps scolaire

Car, ajoute le ministre, l’élève d’aujourd’hui fait face à un programme éducatif si lourd et surchargé. D’où il est bon de réviser le temps scolaire, en tant que souci partagé. Mais, nuance-t-il, cela ne signifie pas forcément une réduction du nombre d’heures d’enseignement. Il s’agit plutôt d’une bonne gestion du temps et son adaptation aux autres activités vitales censées nécessaires à l’épanouissement de l’enfant. L’animation de la vie scolaire a toujours été le parent pauvre, alors que l’élève du primaire ne peut guère s’en passer. « La vie scolaire n’est pas seulement un complément, mais une partie intégrante de la réforme de l‘école », révèle M. Sellaouti.

Il est aussi question d’améliorer les conditions de travail dans les écoles, tout en diversifiant les sources de financement. Afin que nos écoles soient des institutions d’enseignement qui jouissent de leur propre autonomie financière et administrative.

Et là, une nouvelle carte scolaire semble de mise, dans la mesure où l’école publique demeure un véritable vivier de formation de nouvelles générations. Un espace où chacun peut trouver son compte. Le ministre estime que l’amélioration de l’infrastructure scolaire exige une enveloppe de l’ordre de 1,6 milliards de dinars, répartis sur cinq ans.

crédit photo : © Ministère de l'éducation Tunisie (page officielle)
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