Quand on se fourre le doigt dans l’œil, on n’a pas le droit de reprocher aux autres leur aveuglement. C’est la morale à retenir de ce duel inaugural avec le Mali.

La fin en queue de poisson du match Tunisie-Mali, provoquée par l’arbitre zambien Janny Sikazwe, ne doit nullement nous empêcher d’analyser cette rencontre inaugurale de notre sélection à la CAN du Cameroun.

Il y a juste lieu de rappeler aux lecteurs qui n’ont pas suivi le match que l’homme en noir, (ou plutôt en rouge) a littéralement disjoncté en sifflant la fin du jeu à la 85’ dans un premier temps, avant de «se racheter» sous la pression des joueurs et du banc tunisiens et de siffler de nouveau la même fin à la 89’ au vu et au su des referees de la VAR, du commissaire  du match et de tous les responsables de la CAF présents au stade de Limbé. Ce fut une bourde monumentale et un scandale inédit qui laissèrent pantois tous les présents et les téléspectateurs qui ont suivi la rencontre.

D’ailleurs, on ne s’y attendait que trop avec l’obstination de la CAF à organiser la CAN au Cameroun, un pays loin d’être prêt pour une manifestation sportive de cette ampleur. Les hôtels et les lieux d’hébergement des délégations suffisent à eux seuls d’en témoigner criardement.

La Tunisie bat la Tunisie 1-0 !

Passons, et revenons aux 89 minutes de jeu qui méritent quand même d’être analysées car il y a à boire et à manger à propos de ce duel tronqué de quelques minutes qui ne pouvaient changer ni sa physionomie ni son résultat final de toutes les façons.

Cet incident, aussi grave soit-il, n’est en aucun cas à l’origine de la défaite du onze national qui ne méritait pas de gagner devant une équipe malienne qui lui était supérieure. On peut crier au scandale arbitral, mais la victoire du Mali n’a guère été volée.

Dans nos précédentes éditions, nous avons toujours souligné que le niveau de la CAN sera supérieur à celui de la coupe arabe et qu’il va falloir redoubler d’efforts pour pouvoir afficher le bon visage escompté.

La preuve n’a pas mis beaucoup de temps avant d’être donnée. L’Egypte est battue d’emblée (0-1) par le Nigeria et l’Algérie, détentrice du sacre africain, a calé devant la Sierra-Leone (0-0).

La Tunisie a, elle aussi, laissé des plumes face au Mali, un adversaire qui ne compte pas parmi les favoris de l’édition qu’on le veuille ou non !

D’ailleurs, durant tout le match, aucune occasion franche n’a été créée des deux côtés. Et c’est cela qui inquiète le plus car ce n’est pas avec ce rendement offensif stérile qu’on peut partir à l’assaut de la couronne africaine.

Pis encore, on peut même dire que la Tunisie a été battue par elle-même. Plusieurs indices peuvent étayer cette idée. Il y a d’abord le premier cadeau offert au Mali qui n’est pas des moindres, en l’occurrence le penalty dont Elyès Skhiri fut à l’origine à la 47’.

Il y a ensuite l’énorme gâchis dont l’auteur était Wahbi Khazri qui s’est permis le luxe de rater son énième penalty avec l’équipe nationale.

Il y aussi la démission totale de nos joueurs au niveau des duels qui étaient quasiment tous remportés par les Maliens.

Mais le comble reste le choix des hommes effectué par Mondher Kebaïer qui a chamboulé l’harmonie acquise au Qatar à cause des changements sans raison de plusieurs joueurs. Elyès Skhiri, Hamza Mathlouthi, Issa Aïdouni, Ali Maâloul et surtout Wahbi Khazri qui n’ont pas pris part à la compétition arabe, étaient tous hors sujet. Leur titularisation massive était une erreur «abécédaire»!

L’absence de Ferjani Sassi, le délaissement de Ghaïlane Chaâlali, Mohamed Ali Ben Romdhane et Seïfeddine Jaziri, étaient tout simplement une aberration incompréhensible.

Voilà, c’est en gros ce cocktail de bévues qui a donné le goût amer que nous étions obligés d’avaler à l’occasion de ce Tunisie-Malie.

Et c’est pourquoi, Mondher Kebaïer et ses joueurs n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes. Ce sont eux qui ont battu la Tunisie (1-0) et non pas le Mali qui reste loin d’être un sérieux prétendant pour le titre africain. Sans la moindre rancune, bien sûr !

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Un commentaire

  1. moimoi

    14/01/2022 à 22:26

    Faux. L’organisation est mieux que celle de la CAN 2004. Les pelouses sont de meilleure qualité qu’à Zouiten, Monastir, Sousse et Menzah.

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