Le sélectionneur doit corriger la première et mauvaise copie présentée face au Mali. Place à Jaziri, M’sakni et Ben Slimane d’entrée ? Que la prestation soit différente.

Au-delà de l’épisode triste de Sikazwe, ce Tunisie-Mali a été perdu, aussi, sur le terrain. C’est vrai que l’arbitre nous a privés d’au moins 8’ qui pouvaient changer la donne en notre faveur (on avait un joueur de plus), mais le mal est fait. Le Mali a été légèrement meilleur en prenant plus la balle, ses actions étaient mieux construites au milieu, et cela se voyait à l’œil nu. Notre équipe a mis 45’ pour se comprendre, pour démarrer son «moteur». C’était trop tard pour mettre l’impact sur une sélection malienne, dont les individualités faisaient la différence assez facilement. Trop tard pour une équipe de Tunisie qui n’avait pas poursuivi l’élan et les progrès affichés en Coupe arabe des nations. Et c’est là l’énorme déception par rapport à Kebaïer et ses joueurs qui n’ont pas réussi à soigner l’image glamour sortie au Qatar. Cela dit, et au-delà de toutes les polémiques soulevées, ce match contre le Mali est casé dans l’histoire. Qu’est-ce qui devrait changer pour le match de demain face à la Mauritanie? C’est que ce sera un adversaire à la portée malgré la volonté de ses joueurs.

Retrouver Skhiri

Elyès Skhiri est sans doute le premier repère de milieu de terrain tunisien. C’est la véritable «dynamo» d’un secteur de jeu aussi sensible. Et quand il n’est pas bien sur ses jambes, quand l’inspiration lui manque, c’est toute la sélection qui en souffre comme ce fut le cas face au Mali. On n’a pas reconnu franchement Skhiri, tellement il était fatigué et mal inspiré. De retour d’une méchante blessure, et confronté à la chaleur et à l’humidité, ce jour-là, Skhiri n’a pas réussi à changer le rythme et à bloquer ses vis-à-vis maliens. Il a été même à l’origine du penalty pour le Mali. Cette action en dit beaucoup sur la déconcentration et la petite forme du premier repère de l’entrejeu. On attend qu’il se mette à l’heure de la CAN et à bien rentrer dans le tournoi à partir du match de la Mauritanie. Ce seront des joueurs moins exigeants que les Maliens et ce sera l’occasion pour Skhiri de retrouver ses sensations pour que l’entrejeu puisse jouer sur sa vraie valeur et donner plus de solutions aux attaquants.

Changements

Face à la Mauritanie, Mondher Kebaïer devra faire quelque chose pour mettre son équipe sur les rails. Il va être obligé de changer d’approche, et, bien sûr, d’hommes. On ne peut pas reconduire le même onze qui a commencé contre le Mali. Même si l’on s’attend à ce que le sélectionneur national garde son 3-4-3 fétiche. Mais des joueurs,  comme Msakni (qui a réjoui le camp de la sélection après sa guérison), Ben Slimane et surtout Jaziri pourraient faire  leur entrée dans le onze type face à la Mauritanie.

Peut-être que Khazri serait reculé de quelques mètres pour faire le second attaquant (son meilleur registre étant donné que jouer comme avant-centre classique ne lui sied pas) pour permettre à Jaziri de jouer comme attaquant de pointe au milieu des défenseurs mauritaniens costauds mais prenables. En tout cas, quelque chose doit changer au sein de l’équipe de Tunisie dans le but de retrouver son éclat et sa réputation. Quand on rentre mal dans un tournoi du calibre de la CAN, on doit gagner le second match et on doit convaincre aussi. Ça doit être le bon départ sur tous les plans. En tout cas, Kebaïer ne manque pas d’atouts, ni d’armes dans son arsenal. Il doit bien les mobiliser et les utiliser. Une chose est sûre, la CAN n’a rien à voir avec la Coupe arabe des nations. Ce sont des joueurs différents, une logistique qui change brusquement, un climat plus hostile. C’est ce que Kebaër n’a pas réussi à bien manier. Il a deux occasions en deux matches pour faire bouger les choses et pour “remaquiller” son équipe. On attend un vrai départ et cela passe par deux victoires larges et convaincantes pour bien aborder les huitièmes de finale.

Mis sous rude pression, critiqué depuis la finale de la Coupe arabe, Kebaïer optera pour le changement. Pour lui, le 3-4-3 est intouchable avec un trio défensif impeccable mais où Bronn sera indisponible. Ce qui peut changer, c’est bien sûr quelques joueurs. Les plus frais, les plus inspirés remplaceraient les joueurs mal inspirés et fatigués par la chaleur et l’humidité au Cameroun.

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