Personne ou presque n’aurait cru que Giresse allait se passer des services de Ali Maâloul à quelques jours de la CAN. Maâloul est un pilier de la sélection, avec en plus un cumul d’expérience dans le poste d’arrière gauche «moderne» qui apporte beaucoup en attaque. Du coup, et après avoir joué la seconde mi-temps contre la Croatie, nous étions étonnés (pour dire aussi surpris) de voir Giresse remplacer Maâloul par Aouadhi dans la liste de la CAN. Il ne jouera pas cet événement sur les terres égyptiennes qu’il connaît parfaitement bien. Une énorme déception pour quelqu’un qui a connu des moments difficiles en sélection au dernier Mondial (des erreurs fatales face à la Belgique).
Cela se confirme encore aujourd’hui avec cette sortie par la petite porte. Qu’est-ce qui s’est passé au juste ?
La question est si compliquée et inattendue. La version la plus diffusée (et la plus proche de la réalité) est celle d’une sorte de bras de fer entre Ali Maâloul et Giresse. Le sélectionneur n’aurait pas accepté que Maâloul insiste pour une place de titulaire et refuse donc de rester sur le banc. Le joueur d’Al Ahly aura senti que Haddadi va être le premier choix de Giresse et donc n’aura pas accepté. Le bras de fer, si l’on admet cette version, ne pouvait qu’être remporté par Giresse. Un entraîneur tenace, qui a une forte personnalité et qui n’aime pas qu’un joueur lui impose quoi que ce soit. Pour certains, cette décision qui n’est pas technique, est bien placée. Le joueur n’a pas à imposer à son entraîneur une place de titulaire. C’est mauvais, c’est mal vu, c’est insensé, et cela ne peut pas passer avec un entraîneur qui se respecte. Giresse a bien fait de prendre cette décision par le biais de laquelle il adresse un message fort à tous ses joueurs.
C’est lui qui décide, c’est lui qui choisit le onze et c’est lui qui a la responsabilité de mettre un joueur, aussi important soit-il, sur le banc des remplaçants. Ali Maâloul, et tout en respectant sa valeur technique, et en tant que joueur professionnel devait «se taire» et jouer quand on lui demande de jouer. Maintenant, il rate une CAN dans sa carrière.

D’autres raisons…
Les coulisses proches de la sélection parlent d’autres versions qui tentent d’expliquer cette mise à l’écart. On parle de règlements de compte entre Maâloul et certaines parties proches de la sélection, on parle également d’une pression exercée sur Giresse pour ne pas retenir Ali Maâloul. On va aussi plus loin. Maâloul paye pour son refus de signer pour un club tunisien. Et comme l’historique de la sélection est plein d’affaires pareilles et d’injustice envers certains joueurs (depuis l’épisode Attouga au Mondial 78), on ne peut pas exclure un de ces scénarios. Pour le moment, l’absence de Ali Maâloul a créé une retentissante polémique qui fait des remous dans les vestiaires et aussi auprès du public de la sélection. Ali Maâloul est un joueur-cadre qui a son mot à dire auprès de ses coéquipiers. Il constitue avec 4 à 6 autres joueurs les «mentors» ou les repères. Giresse aura agi en tant que sélectionneur aguerri et pas maniable. Au risque de perdre un joueur très précieux sur le plan offensif surtout. Mais connaissant Giresse, c’est quelqu’un qui a bien réfléchi avant d’écarter Maâloul. Peut-être qu’il a la conviction que Haddadi et Ben Mohamed sont plus en forme et rentrent plus dans ses choix lors de la CAN.

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