Ce n’est pas une simple qualification, c’est un sursaut rageur, une manière d’effacer ce premier tour faible et désenchantant. On est passé d’une petite qualification aux huitièmes à une magnifique qualification aux quarts. Tout cela en 48 heures de souffrance, d’imprévus de tous genres, de pression. Ce n’est pas aisé de gérer tout cela, mais, comme nous l’avons déjà écrit, cette équipe de Tunisie est capable du meilleur comme du pire et que c’est l’équipe qui pose le plus de problèmes aux favoris. Quand personne ne l’attend, quand elle est bousculée, quand elle frôle l’humiliation, elle se métamorphose. On l’a constaté face au Nigeria : un match «tactique» où Mondher Kebaïer a bien bloqué les atouts d’Eguavon, le sélectionneur nigérian. Aux couloirs  foudroyants du Nigeria, en premier lieu Simon, Kebaïer a répliqué par des prises à deux et à trois où Msakni, Rafiâa ont épaulé Drager et Haddadi. A la technique de N’didi et des milieux nigérians, Kebaïer a opposé un trio bosseur et inlassable avec Skhiri (en libéro du milieu avec une classe retrouvée). Laidouni (magnifique avec son abattage et ses duels gagnés) et Ben Slimène (sobre et très précieux pour casser les lignes de passe de l’adversaire). On était si appliqué, si «juste» dans toutes les tâches, si sobre que les Nigérians ont perdu leur inspiration. Nos joueurs ne les ont pas laissé développer leur jeu, et ce n’était pas une attaque contre une défense. Non c’était un bloc médian, de l’harcèlement sur le porteur de balle et une balle qui a bien circulé. C’était le match parfait à tous les niveaux : qu’est-ce qui s’est passé en 48 heures pour passer de la «médiocrité» à l’excellence ? C’est un secret des vestiaires, mais aussi, faut-il le reconnaître, le mérite de Kebaïer et de son staff qui ont bien compris le Nigeria pour démonter ses pièces de jeu. Il y a aussi le mérite des joueurs, sobres, fermes et dignes, qui ont joué sans peur, sans calculs et qui sont allés au-delà de tous leurs maux. Une pensée à Youssef M’sakni qui, malgré la perte de ses moyens, reste un grand joueur doué qui peut faire la différence. Pensée aussi à Skhiri, l’homme aux gestes impeccables et au placement intelligent. Pensée enfin au duo Talbi-Ifa qui revient de très loin. Deux remplaçants qui sont aujourd’hui de loin la meilleure copie dans une défense à 4. L’équipe de Tunisie nous a enchantés. Attention à ne pas descendre de ce nuage. Le Burkina Faso est un adversaire fort et aux joueurs clairvoyants. Qu’on garde cette humilité et ce cœur vaillant sans se soucier des détails futiles!

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