Dégradation de la situation financière, plan de restructurations ou de réformes sectorielles touchant certains entreprises et établissements publics, gestion irrationnelle de certains services publics, crise sanitaire, grogne sociale… autant de facteurs font qu’une entreprise publique soit amenée à une crise structurelle, une cessation de ses activités ou encore à l’assainissement. Il s’avère qu’elles sont plus d’une centaine d’entités pour la plupart structurellement déficitaires.

Les entreprises souffrent encore de carences organisationnelles et réglementaires. Leur situation financière se dégrade d’année en année.

La problématique des déficits cumulés des entreprises publiques, qui pèsent sur les banques publiques et sur les comptes du Trésor, est posée depuis de nombreuses années et la crise liée à la pandémie actuelle du coronavirus, qui a affecté des secteurs d’activité entiers, des transports aériens ou maritimes, du tourisme, ou de certains segments de l’industrie, a sans doute contribué à aggraver une situation déjà dégradée. A ce niveau, l’économie tunisienne devra faire face à des difficultés plus sérieuses au cours des prochains mois ou des prochaines années.

En fait, les difficultés et les causes des déficits des entreprises sont nombreuses. Elles peuvent être externes ou internes. Parmi les causes les plus importantes de leur vulnérabilité figurent la contrainte de financement et l’impact des facteurs macroéconomiques. Les sociétés en difficulté, on peut les retrouver dans les secteurs public et privé et la plupart ne disposent pas d’un plan de relance.

L’accompagnement financier de l’Etat aux entreprises publiques est  conditionné  par la modernisation de leurs modalités de gestion, de gouvernance et leurs plans de redressement, en les soumettant à des contrats de performance stricte pour qu’elles soient l’un des piliers importants pour la relance économique. Car l’entreprise est à la base de tout processus de développement viable et soutenable. Sans relance rapide de l’investissement de l’entreprise, la Tunisie ne sera pas en mesure de renforcer son potentiel de production, et de créer une dynamique revitalisant et facilitant les restructurations qu’impose la situation financière des finances publiques.

Or, aucune relance ne paraît en mesure d’être engagée avec succès sans la réhabilitation de l’entreprise en tant que cellule de base de l’économie, sans la résorption des nombreux problèmes auxquels elle se trouve confrontée, sans une vision à long terme illustrant les choix et les priorités et donnant une visibilité sur les opportunités d’avenir.

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