On a entendu parler de cette terrible histoire, mais on n’a pas voulu y croire car on refuse d’accepter que l’on soit arrivé à ce degré d’atrocité. Mais, malheureusement, c’est bel et bien réel…


On a toujours entendu parler de la maltraitance et de la cruauté envers les animaux. Mais le dernier incident, qui est survenu ces derniers jours, était choquant avec des photos grotesques, mais bien réelles, qui ont été relayées sur les réseaux sociaux. On a coupé les deux pattes d’une chèvre vivante pour un règlement de comptes entre voisins! On n’ose pas imaginer la terrible souffrance de cette pauvre chèvre. Comment un être humain ose-t-il se venger d’un animal sans défense ? Pourquoi s’en prendre sans raisons à ces êtres sans voix? A quand une loi de protection animale en Tunisie, une vraie, capable de mettre en place de meilleures lois pour les animaux et faire pression sur les autorités pour que la législation actuelle soit respectée ?

‘’C’est horrible, affreux, ignoble, inhumain…’’

Tels sont les termes choisis par Abdelmajid Dabbar, président de l’Association Tunisie Ecologie (ATE), l’ONG qui s’est portée partie civile pour suivre l’affaire de la chèvre aux pattes amputées sauvagement. Dans une déclaration accordée à La Presse, ce défenseur acharné des droits des animaux indique que ce terrible incident était la goutte d’eau qui fait déborder le vase et que des actions sérieuses doivent être menées dès à présent. A cet égard, Tunisie Ecologie ne compte jamais se taire contre la barbarie et la sauvagerie envers les animaux, on doit bouger tous ensemble main dans la main pour que la torture des animaux disparaisse à jamais de notre Tunisie et il est plus que jamais temps d’homologuer une loi qui condamne tout acte de cruauté (violence gratuite, torture…) envers un animal, d’où la nécessité d’avoir le plus tôt possible des décrets qui viennent préciser cette vieille loi vague contre la maltraitance animale qui date de dizaines d’années.

«C’est un crime atroce… Plus loin que ça, c’est une question cruciale qui touche à l’honneur même d’un pays. Il est insupportable et inacceptable que des actes de barbarie sadique puissent être tolérés comme un simple écart de conduite car un animal est un être sensible qu’il faut protéger… Comme c’est triste d’en arriver là ! Je ne reconnais plus mon pays ! Ces actes de barbarie ne sont plus des actes isolés. Ils font partie de notre quotidien ! », regrette-t-il.

Mais malgré cette situation, l’ONG Tunisie Écologie ne compte pas garder silence. M. Dabbar affirme que l’association a engagé une action en justice avec un consortium d’avocats—à leur tête Maître Dorsaf Chouaibi— pour la défense de la chèvre aux deux pattes amputées d’une façon criminelle, et à la défense de tous ceux qui n’ont pas de voix. «La guerre a été déclenchée et, actuellement, nous sommes toujours à la recherche de l’assassin, l’auteur du crime, celui qui a osé volontairement  perpétrer ce crime abominable… Il faut que ce criminel sadique soit jugé ! », souligne-t-il encore.

Faire de la cause animale une cause nationale

Pour sa part, Maître Dorsaf Chouaibi nous précise qu’à la date du 25 janvier 2022, une plainte vient d’être bel et bien déposée auprès du procureur de la République pour arrêter toutes sortes de barbarie et pour en traîner les acteurs devant la justice. «Mon Dieu, quelle souffrance infligée ! Il faut que cette histoire fasse date et constitue un précédent juridique. Que ce soit par le bon sens ou par la religion, rien ne peut cautionner un acte d’une telle horreur. Pour ce faire, il faut punir sévèrement l’agresseur de la pauvre chèvre car dans un pays qui se respecte, les autorités devraient enquêter sur cette affaire criminelle au même titre que si c’était un être humain… J’espère que la chèvre a été prise en charge par un vétérinaire et que des âmes charitables et expertes sauraient lui fabriquer un chariot pour qu’elle puisse se déplacer une fois rétablie», affirme-t-elle.

L’avocate ajoute qu’il est temps, aujourd’hui, de faire de la cause animale une cause nationale et un enjeu majeur. Mais pour initier le changement, il faut faire bouger les choses et s’attaquer à l’origine du mal. Pour ce faire, il faut exercer une pression sur les autorités et les amener à réagir car dans sa forme actuelle, la fameuse loi de protection animale ne prend pas en considération la condition animale, étant donné que, dans le code pénal tunisien, il n’existe aucune loi pour protéger les animaux. « S’il y a une volonté, il y a un chemin… Et avec une société civile plus responsable et plus active, l’heure du changement a sonné…», souligne-t-elle.

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