Les convictions de Montassar Louhichi doivent tirer leur source de cette ambition d’avoir le contrôle du jeu et de ne pas se limiter à subir quand on mène au score

Si la victoire demeure le principal objectif atteint, la manière pose également question côté CA. Les Clubistes semblent donc encore en rodage, et cela s’explique forcément par la longue trêve qui vient de prendre fin sur fond de mercato où l’équipe a été revue et corrigée. Cependant, en marge de la victoire de Mahdia face à l’ASR, cette capacité à gagner «avec style» n’est pas encore d’actualité. Et il faudra attendre pour tenir ce match référence via une prestation aboutie comme on dit. Le CA gagne mais ne convainc pas pour autant. En cause, la qualité du jeu clubiste. Ce qui n’est pas nouveau, côté «rouge et blanc», l’ère Louhichi, jusque-là, n’ayant pas toujours offert une production digne de ce nom, même si, sur un plan strictement comptable, ça se passe bien pour le moment. Sans être sur un quasi sans-faute donc, le CA trace tranquillement sa route..

La vérité est au milieu

Le CA a donc finalement tiré son épingle du jeu à Mahdia. Mais alors, qu’est-ce qui bloque, s’interrogent certains supporters? Tout d’abord, et toujours selon les plus éclairés parmi les observateurs, si le CA a comblé nombre de ses lacunes, notamment les latéraux, indispensables à toute équipe désireuse de produire du jeu, le milieu de terrain pose toujours question, même si le retour d’Ahmed Khélil est salutaire. En clair, le secteur manque d’autres profils plus créateurs, alors que même volet sentinelle de service, l’absence de Rodrigue Kossi, au ratissage et au quadrillage, s’est fait ressentir. Revenons à la création cependant. Ce CA a besoin d’un type de joueur capable de tenir le ballon même sous le pressing adversaire, amener le surnombre en attaque, créer des décalages et des occasions de but… Bref, un milieu fort techniquement est, en effet, un prérequis lorsque l’on souhaite maîtriser un match.

A ce stade, le CA attend toujours son maestro, contraignant ainsi ses attaquants à décrocher afin d’amorcer les actions (Chamakhi et Khelifa). Ceci étant dit, le CA peut et doit faire mieux avec l’effectif à disposition. Montassar Louhichi et ses hommes sont donc attendus au tournant et les raisons citées plus haut ne leur accorderont pas de crédit indéfini, car en «signant» au CA, le coach savait à quoi s’attendre. A l’avenir, s’il veut séduire et rallier les suffrages, le CA doit gagner, et avec la manière.

Le Club Africain ne fait donc pas encore rêver. La qualité de son football paraît bien trop inégale aux yeux des esthètes clubistes qui ont garni les travées du stade Ahmed-Khouaja de Mahdia. Et ce n’est pas le penalty transformé après une astuce de Saber Khelifa qui viendra nous dire le contraire. Pourquoi ? Parce que les convictions du coach doivent tirer leur source de cette ambition d’avoir le contrôle du jeu et de ne pas se limiter à subir quand on mène au score.

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