Nos forces politiques, qui n’ont pas excellé à redresser l’économie et les finances ou à concrétiser les attentes sociales de la révolution, sont en droit de protéger les acquis qu’elles ont accumulés en matière de cohabitation politique, d’assimilation de l’Islam pacifique et de transition démocratique. Ces acquis, les Tunisiens les connaissent et, le jour J, ils et elles voteront en conséquence.

Souvent, il revient naturellement aux événements de désigner certains péchés originels que l’on avait négligés ou minimisés.

L’émergence du phénomène Karoui, qui n’attendait que son heure, est au nombre de ces événements révélateurs.

Mais la solution n’est sûrement pas à rechercher parmi les artifices législatifs, lesquels portent en eux la preuve de l’affolement d’un système démocratique que de nombreux citoyens critiquent, voire contestent. Mais dans une véritable bataille à armes égales pour amener l’opinion publique à comprendre ce qui se passe dans les coulisses des nouvelles figures qui percent dans les sondages.

Le régime démocratique est incontestablement supérieur à la démagogie populiste et doit pouvoir s’imposer à l’encontre de l’argent occulte qu’elle véhicule et aux réseautages stratégiques qu’elle sert, qui menacent l’équilibre de notre fragile région nord-africaine.

Quant à s’inquiéter des apparitions furtives dans les sondages d’un juriste qui maîtrise son droit constitutionnel, cela ne peut que montrer le peu de cas que l’on fait des institutions et des forces politiques du pays.

Au nombre de ces forces, examinons donc les partis. Au sortir d’une révolution que n’ont signée que les jeunes, les martyrs et blessés, qui attendent réparation, nos partis politiques ont réussi à faire taire la guerre civile pro-jihadiste qui grondait, à rétablir les  frontières et à réinstaurer l’ordre sécuritaire, ainsi qu’à mettre en place un gouvernement consensuel de transition qui, même si certaines institutions manquent encore à l’appel, a été à la hauteur de sa mission historique. Jetez donc un œil au rétroviseur pour évaluer le trajet parcouru. Grâce aussi à la complicité des «deux séniors» et, dit-on, à leur fameux «accord parisien».

La démocratie est, certes, fragile et capricieuse. Elle est également parfois complexe, traînant ses institutions et ses longs discours que le peuple a peine à suivre, mais il faut y croire et combattre les maux qui l’assiègent.

Tout citoyen tunisien a le droit de candidater et nous avons le droit de le choisir comme de le combattre. C’est là l’option démocratique. Nos forces politiques qui n’ont pas excellé à redresser l’économie et les finances ou à concrétiser les attentes sociales de la révolution sont en droit de protéger les acquis qu’elles ont accumulés en matière de cohabitation politique, d’assimilation de l’Islam pacifique et de transition démocratique.

Ces acquis, les Tunisiens les connaissent et, le jour J, ils et elles voteront en conséquence.

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