Hechmi Miliani, trésorier  de la Chambre nationale 

des promoteurs immobiliers

«Le programme du premier logement est un grand échec. L’enveloppe globale  de 200 millions de dinars a été allouée à ce programme en 2019. Il n’est pas aisé  de rembourser le prêt accordé par l’Etat qui correspond à l’autofinancement  en concomitance avec le remboursement du prêt immobilier accordé par la banque. Toutes les études élaborées par les différentes chambres syndicales des promoteurs immobiliers ont montré que ce programme a échoué. J’insiste sur l’absence de réactivité de la part de l’Etat avec les propositions de la Chambre nationale des promoteurs immobiliers en rapport avec le décret gouvernemental relatif au programme du premier logement. Le secteur de la promotion immobilière génère entre 700 mille et 800 mille emplois répartis sur près de 300 métiers. Les dettes des promoteurs immobiliers ont atteint 5.600 millions de dinars, soit 10% du budget de la Tunisie, sachant que la valeur totale des prêts immobiliers est estimée à 11.500 millions de dinars. La réglementation du secteur remonte à 1990, et  les mesures incitatives pour l’achat du premier logement et la hausse des impôts sont inconciliables. Le nombre des promoteurs immobiliers en Tunisie a atteint 3.300, dont 700 promoteurs seulement exercent ce métier d’une manière permanente. Nous n’avons pas besoin de financements mais d’une nouvelle réglementation».

Dorra Aloui Bellagha, directrice  marketing de la Société nationale immobilière de Tunisie (Snit)

«Une ligne de financement a été ouverte en 2017, en vertu d’un décret gouvernemental fixant les conditions du bénéfice du premier logement, à travers  lequel l’Etat couvre 20% du prix de logement sous la forme d’un prêt bonifié, au profit des salariés, dont le revenu mensuel brut varie entre 2.092 et 4.650 dinars. Le bénéficiaire du programme du premier logement ne doit pas posséder un logement. Quant aux familles, il faut que l’un des conjoints soit salarié pour pouvoir rembourser  le prêt. En outre, le revenu familial mensuel brut doit varier entre 2.092 et 5.580 dinars. Quant aux conditions liées au logement, il doit être composé de deux chambres et d’un salon et sa valeur ne doit pas dépasser 220 mille dinars hors TVA. L’Etat a facilité les conditions d’octroi de ce prêt en permettant au bénéficiaire de payer le montant relatif à l’autofinancement en bénéficiant d’une période de grâce de 5 ans, sans intérêt, avant la date de remboursement dudit prêt. A partir de la sixième année, la valeur de l’intérêt sera fixée à 2%. Les ventes du premier logement n’ont pas été à la hauteur des attentes car le programme ne concernait que les familles. Depuis la révision de 2019, le programme est devenu accessible aux célibataires et les ventes se sont améliorées. Près de 15% des logements annuellement cédés par la Snit sont vendus dans le cadre de ce programme».

Taieb Gtari, membre du bureau: exécutif de l’Utica et directeur

général de «Carthage Ceramic»

«La hausse des prix mondiaux des matériaux n’est pas uniquement liée aux fabricants, la production dépend de la maîtrise de cette hausse des prix par les fabricants. Cela dépend également du pouvoir d’achat du citoyen. Le fabricant est un investisseur et a plusieurs engagements. Il traverse plusieurs difficultés, dont notamment le problème de la pénurie du fer. Les fabricants produisent cette matière mais il appartient à l’Etat de fixer les prix de ce matériau. Les grandes entreprises du secteur sont en train de fournir une aide aux petits entrepreneurs qui ont franchi les premiers pas dans ce secteur, pour évoluer en profitant de leurs expériences dans le domaine. Les entreprises attendent des décisions de la part de l’Etat concernant des projets relatifs aux énergies renouvelables. Il nous faut une réflexion collective et un travail coopératif pour surmonter les problèmes du secteur».

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