Monter un microprojet n’est toujours pas une mince affaire. Car la politique en matière d’emploi n’encourage pas souvent l’esprit d’investissement. Et encore moins l’ancrage d’une culture entrepreneuriale en bonne et due forme.


L’emploi des jeunes n’a jamais été traité comme une question d’actualité dont la réponse doit, faut-il le dire, puiser dans un vrai projet de société. Et que sa promotion, non sans difficulté, certes, est censée donner des résultats probants, en termes d’insertion sociale et d’amélioration des revenus, à même d’en satisfaire autant de demandeurs. Sous l’ancien régime, ce sujet a toujours fait mine d’un cheval de bataille ou d’une carte électorale si figée qu’il n’a guère été suivi d’effet. On lui réservait, il y a des années, tout un fonds portant son nom, soit le fameux Fonds national d’emploi, un dispositif institutionnel doublé d’un mécanisme financier, la BTS. Cette banque dite de solidarité n’avait pas trop simplifié ses procédures d’octroi des crédits. Ses prestations basées sur l’autofinancement et le cautionnement personnel n’ont pas favorisé assez d’opportunités professionnelles, du moins viables et rentables.

Une cause perdue !

Et jusqu’à nos jours, monter un microprojet n’est toujours pas une mince affaire. Ceci étant, la politique de l’Etat en matière d’emploi n’encourage pas souvent l’investissement. Et encore moins l’ancrage d’une culture d’entrepreneuriat en bonne et due forme. Un fiasco politique ! Faute d’un capital d’amorçage et d’accompagnement requis, plusieurs projets s’arrêtent à mi-chemin. Ils sont quasiment voués à l’échec. Qu’a-t-on fait pour le bonheur de nos chômeurs ? Même la révolution qu’on croyait déclenchée à cet effet a vu ses principaux objectifs entièrement détournés. Droit à l’emploi, dites-vous ! Mais, cette question revient, à chaque fois, sous le signe d’un grand débat autour duquel s’engage, au nom des jeunes, un dialogue national. Le dernier en date, aussi virtuel soit-il, est déjà en cours en format électronique, baptisé « E-istichara » ou consultation populaire. Jusqu’ici, cette nouvelle opération — une initiative présidentielle lancée après le 25 juillet dernier, dans la foulée d’une feuille de route exceptionnelle — perçue comme une réconciliation avec les jeunes n’a pas révélé tous ses secrets.

Il faut dire que toutes ces expériences ont toujours placé l’emploi des jeunes en tête des priorités et manifesté l’intérêt qu’il y a d’assurer l’insertion sociale des plus démunis. Et les initiatives pareilles n’en finissent pas de se multiplier. S’inscrit également dans ce même esprit un projet intitulé «Promotion de l’emploi dans les régions rurales (Perr)», qui vient de prendre fin, hier, au bout d’une coopération tuniso-allemande entamée en 2016. Quatre régions en sont d’ailleurs bénéficiaires, à savoir ; Kairouan, Mahdia, Kébili et Tozeur. L’objectif était, alors, « de fournir une chaîne de solutions et un appui spécifique aux jeunes et aux femmes pour les aider à trouver un emploi stable et durable », lit-on dans un communiqué de presse, distribué au terme d’une cérémonie de clôture du projet exécuté par la GIZ, sous l’égide du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle.

Ce bilan est-il suffisant ?

En fait, l’approche partenariat public-privé semble bel et bien réactivée. Ce qui a permis, juge-t-on, d’assurer une meilleure inclusion socioéconomique des groupes cibles grâce au soutien inconditionnel des acteurs locaux tant publics et privés qu’associatifs. Soit une adéquation entre l’offre et la demande, en quelque sorte. Selon le même communiqué, la mise en place d’une plateforme collaborative de dialogue régional sur l’emploi, de formation et d’actions innovantes a pu encourager la création d’emplois pour les jeunes dans ces régions. Même en pleine crise sanitaire, le projet Perr les a beaucoup soutenus grâce à des mesures d’urgence post-Covid. Chiffres du ministère à l’appui, on recense globalement 1.867 jeunes insérés dans le marché de l’emploi, 1.274 salariés ont vu leurs conditions de travail améliorées et 514 revenus revus à la hausse. Mais un tel bilan est-il aussi suffisant pour ces régions, où le taux du chômage totalise presque 22%? D’après l’INS, Institut national de la statistique, le pays compte au 3e trimestre 2021 plus de 762 mille chômeurs de l’ensemble de la population active, soit un taux national qui s’élève à 18,4%. Cela dit, noir sur blanc, le pays est appelé à revoir sa politique active d’emploi.

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