Après le déclenchement du conflit militaire russo-ukrainien, de nombreux pays retiennent leur souffle et évoquent déjà des scénarios catastrophiques. Comme l’économie tunisienne n’est pas isolée de celle des autres pays, les entreprises, petites ou grandes, le budget de l’Etat, mais aussi le panier et le portefeuille du consommateur seront sans doute affectés. Plus la crise sera durable, plus l’impact sera potentiellement lourd, également pour les finances publiques. Le gouvernement, qui  se trouve face à de forts vents contraires, doit prendre des mesures pour réduire l’impact de la hausse du coût sur l’économie et le pouvoir d’achat des ménages. Parti avec le lourd tribut de deux longues années de crise sanitaire qui ont plombé l’économie et le pouvoir d’achat du citoyen, mais avec l’espoir de réussir à remonter la pente, le voilà confronté à une adversité sans pareille, totalement indépendante de sa volonté.

Nous commencions à peine à quitter, depuis quelques jours, la parenthèse du covid que nous voilà confrontés, à nouveau, à une crise, sans commune mesure avec la précédente. A une crise géopolitique majeure, mais dont l’onde de choc économique n’épargnera personne. Comment faire face, à la fois, à la flambée des prix des hydrocarbures  à l’international et de tout ce qui en dépend, aux répercussions de la crise, entre les deux plus grands producteurs mondiaux de gaz et de blé, sur l’économie et les prix, et à la quasi-inévitable nouvelle récession économique mondiale qu’entraînera cette guerre ?

Les prochaines semaines, voire les prochains mois, s’annoncent difficiles pour tous les gouvernements. Le gouvernement tunisien n’est pas désormais à l’abri, alors que la grogne sociale monte face à la flambée des prix des matières de première nécessité. Qu’attend l’exécutif pour s’activer à mettre en œuvre un vaste plan d’accompagnement du secteur agricole sinistré depuis des années, pour protéger le pouvoir d’achat du Tunisien et mettre fin à la pénurie des denrées alimentaires qui perdure ? Réussira-t-il à sortir et faire sortir le pays de cette forte zone de turbulences, tout en poursuivant les réformes économiques initialement engagées et la mise en œuvre du nouveau plan de développement triennal 2023-2025 ?

Le défi est immense. Et la question, qui se pose aujourd’hui avec acuité, consiste à savoir quelle marge de manœuvre possède le gouvernement pour atténuer l’impact cette crise géostratégique et économique ? La Tunisie se devra, par conséquent, d’être prête à absorber avec le moins de conséquences possibles cette onde de choc économique, qui, par bien des aspects, nous paraît inévitable.

Quoi qu’il en soit, la nécessité de déclarer un «état d’urgence économique» paraît indispensable pour permettre à l’Etat d’acquérir la réactivité et les leviers nécessaires qu’exige une situation de crise, comme celle que nous vivons.

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