L’objectif des professionnels du tourisme est de reconsidérer la place du touriste tunisien pour qu’il puisse jouir des richesses culturelles de son pays et découvrir son patrimoine archéologique. «Le touriste tunisien est prioritaire», affirme un professionnel de l’hôtellerie.

Le secteur touristique a été le plus touché ces dernières années par la crise sanitaire du Covid-19 et actuellement les incertitudes persistent autour de la guerre en Ukraine. A l’ouverture du forum national organisé hier matin au Laico-Tunis, Mohamed Moez Belhassine, ministre du Tourisme, a rappelé qu’en 2019, le tourisme local a drainé 2,5 millions de Tunisiens qui représentent 20% du total des touristes. L’importance de la relance du tourisme local est vivement soulignée avec des avantages fiscaux et des tarifs promotionnels pour les citoyens tunisiens. Du 1er décembre 2020 à juin 2021, un programme a été établi dans cette optique avec des campagnes ciblées. Dernière en date, la campagne TounesLik, soit «la Tunisie est à toi», s’inscrit dans cet ordre des choses. «Le Tunisien doit ressentir que le pays lui appartient et avoir les mêmes privilèges de séjour qu’un touriste étranger», clame sur un même son de cloche, un responsable de l’Office du tourisme tunisien. Jabeur Ben Attouche, président de la Fédération tunisienne des agences de voyages, estime qu’il faut placer la jeunesse tunisienne au centre de cette valorisation du tourisme local afin qu’elle découvre la Tunisie riche et profonde, comme lors des visites et randonnées vers El Jem et Kairouan… Le tourisme interne est devenu  incontournable et constitue 20 à 25% de l’industrie hôtelière.

Les plus grandes destinations touristiques du monde comptent un important déploiement et une dynamique du tourisme local comme en France ou au Portugal où il atteint 50% du volume total des touristes tandis qu’en Tunisie, la marge est encore très grande. 

Valoriser le touriste tunisien

«Le rayonnement international avec les festivals de musique doit être exploité localement, de même que le tourisme thermal, culturel et archéologique», affirme une responsable de la Fédération tunisienne de tourisme. Dhaya Amar, président de l’Organisation de défense du consommateur, rappelle le cadre d’intervention et le rôle joué par l’ODC en matière de promotion du tourisme interne : «On participe à ce forum pour représenter le consommateur, parce que nous avons des idées.

On a des remarques et des suggestions concernant le tourisme interne et local. On estime qu’il est temps de considérer le Tunisien comme n’importe autre touriste qui a le droit de connaître son pays et le découvrir de l’intérieur et en profiter pleinement. Tout ceci exige un accueil spécifique pour les Tunisiens avec une révision des prix et des tarifs parce que les conditions économiques de la famille tunisienne sont un peu précaires. Il s’agit de concevoir une stratégie pour le tourisme interne». Auparavant, la campagne TounesLik a été présentée en détails avec des spots et vidéos pour inciter à découvrir des sites comme Beni Mtir ou Dougga et enfin une enquête a fait un état des lieux du tourisme interne.

Créer une relation de confiance entre les agences de voyages et les touristes locaux, vulgariser certaines destinations, encourager les start-up dans le domaine du tourisme, intégrer les jeunes sont un ensemble d’actions que comptent mener les experts en matière de tourisme.

Il s’agit, selon eux, «de ne pas faire une distinction entre le touriste étranger et le touriste tunisien et chasser l’idée selon laquelle le touriste étranger est  mieux traité et bénéficie d’avantages tarifaires par rapport au Tunisien».

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