Tombés dans un traquenard à Soliman, puis roulés dans la farine à Béja, les Clubistes semblent creuser leur tombe à grands coups de pelleteuse, ces derniers temps.

Le Club Africain est touché de plein fouet, ces derniers jours, et cela sonne comme un air de déjà-vu. Après l’espoir, retour à la case départ donc, avec, de nouveau, une équipe clubiste qui ne fait plus peur, aiguise les appétits de ses adversaires et décuple leurs forces.

Jadis, les adversaires redoutaient le maillot clubiste. Mais depuis que le CA a flirté avec la correctionnelle, dans un passé pas si lointain, jouer le club de Bab Jedid devient une chance pour exister, se relancer et tout pardonner au passage. Ce n’est pas de bon augure pour un CA, bousculé et même tombé en disgrâce aux yeux de certains fans qui ne comprennent pas pourquoi le CA a chuté, tête baissée, au classement, avec tout ce que cela entraîne comme répercussions sur l’avenir proche du club et son projet à court terme. Aujourd’hui, la chute de l’ambition clubiste pose des questions autant qu’elle est sujette à interprétations.

Louhichi, excessivement conservateur

De prime abord, c’est principalement une question de pilotage de l’effectif, gestion du module tactique prôné et des préférences . Il n’y a pas photo en l’état. Montassar Louhichi n’est plus l’homme de la situation. Excessivement conservateur, depuis des mois, le coach clubiste a non seulement mis au placard plus d’un jeune (Guesmi, Zghada, Garreb & co), mais il a aussi eu l’audace d’écarter de l’équipe rentrante des joueurs à fort potentiel, tels que Sabo, Amri (avant sa blessure) et même Chiheb Lâabidi.

Bien entendu, quand le CA gagne, les acteurs et tenants sont exempts de reproches, même si, comme lors de la victoire survenue à Réjiche, on a cru à tort que cette équipe nous avait servi un football de bon aloi.

Il ne faut pas s’y tromper cependant ! Cette équipe clubiste n’appuie sur l’accélérateur que pendant 15-20 minutes par match. Et cela semble suffire pour un plateau technique qui se complaît dans la suffisance. Car, pour le moment, Montassar Louhichi affiche un sourire narquois, alors que son CA est aux abois !

Pour le moment, Montassar Louhichi joue au poker, bluffe, mais ne gagne pas ! Mais jusqu’à quand le laissera-t-on faire, alors que le navire coule par la proue sans que personne au bureau directeur ne s’en émeuve !

Crève-cœur et sursaut d’honneur

Aujourd’hui, pour une fois, la trêve tombe à pic, le temps de secouer le cocotier, resserrer les boulons et réagir pour de bon contre des adversaires qui disposent de joueurs suffisamment armés afin de profiter des faiblesses clubistes (USM, Zarzis et Chebba). Bref, faiblesses ou lacunes, il faudra vite les surmonter, car tout peut basculer dans le groupe B. Et cela risque de mal tourner pour certains si le CA n’est pas au rendez-vous du play-off. Demain, cela se prépare maintenant.

Après le coup de massue infligé par les Béjaois, la digestion doit être express, et inutile pour le coach de se montrer incrédule et de réagir avec défiance. Inutile aussi pour les fans d’accabler davantage un groupe déjà tourmenté pour ne pas dire terrifié. Si le CA a sombré depuis la blessure de Saber Khélifa face à l’ESS, l’hypothèse d’un sursaut à la suite des deux derniers crève-cœurs pourrait tenir la route si… les planètes sont alignées !

En ce moment, au CA, ce qui se trame en coulisse concernant le maintien ou la destitution de Montassar Louhichi n’est pas le seul marqueur clubiste sur lequel on doit focaliser. Le football, qui n’est pas une médecine de précision et un son de cloche, nous rappelle que cela ne sert à rien de changer pour avoir un effet d’annonce. Ce serait plutôt (et toujours pour certains) une réponse d’équipe qui joue à court terme, habituée à faire l’ascenseur entre Ligue 1 et Ligue 2 ! Pas pour le CA on l’espère. Car un club, dans un projet à long terme, ne répond pas de cette manière. En clair, il faut être un peu plus réfléchi, quoiqu’il n’empêche que la position de Louhichi  risque de devenir intenable si son équipe venait à échouer et ne plus se relever (imaginez le CA jouer le play-out ?).

On va, cependant, laisser retomber la pression et reprendre nos esprits. Mais, dès le prochain match, le technicien clubiste, qui ne dispose plus d’aucun levier à activer, n’a plus qu’à prier pour que ses joueurs retrouvent le chemin des filets !

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