La crise du coronavirus a par deux fois retardé la tenue des deuxièmes Assises internationales du journalisme de Tunis, dont la première édition a eu lieu en novembre 2018. Ce second rendez-vous avec des journalistes venus des deux rives de la Méditerranée et également d’Afrique s’est ouvert hier à la Cité de la culture sous le thème de « L’urgence du journalisme ».

Les Assises correspondent à trois jours — les 17, 18 et 19 mars — de débats, d’ateliers, de conférences sur des sujets liés à l’actualité du monde, tels l’environnement et la pandémie de Covid-19, mais aussi à des problématiques en rapport avec l’univers des  médias, telles les infox, l’éducation aux médias, la déontologie et l’autorégulation… Des focus sur quatre pays sont prévus : le Liban, le Maroc, le Yémen et le Niger. En collaboration avec le réseau Cartooning for Peace, deux expositions sont proposées au public, la première intitulée « Dessinons la paix et la liberté » et la seconde : « Dessine-moi l’écologie ». Une exposition de photo « Yémen, la vie malgré tout », montre la vie quotidienne d’une population subissant une sombre guerre peu couverte par les médias du monde, et ce depuis 2015.

« En ce printemps 2022, la passion est intacte, mais elle ne peut masquer nos inquiétudes ! Par-delà la pandémie qui a durement touché nos sociétés, partout la liberté recule ! Liberté d’aller et venir. Liberté d’expression. Liberté de la presse. Liberté tout court, avec de plus en plus de journalistes menacés, emprisonnés au seul motif qu’ils/elles pratiquent leur métier avec exigence », écrit Jérôme Bouvier dans l’édito du bulletin-programme des Assises de Tunis, président de l’Association Journalisme et citoyenneté qui organisent la manifestation avec le soutien de l’Union européenne.

Le temps des pandémies

« Quel dialogue entre journalistes et scientifiques » a représenté le sujet du premier débat des Assises. Il a réuni Hechmi Louzir, directeur de l’Institut Pasteur, Ruba Anabtawi, journaliste palestinienne spécialisée dans l’environnement, et Nouha Belaid, fondatrice du Réseau arabe du journalisme scientifique.

En Tunisie, la crise sanitaire a confirmé l’absence  de journalisme spécialisé dans la santé. La couverture médiatique ayant manqué de papiers de synthèses à propos des dernières découvertes sur la maladie ou encore d’articles sérieux sur les ressorts de l’évolution de la pandémie dans le pays. C’est ce qui fait dire à HechmiLouzir : « Il est important de donner des formations supplémentaires aux journalistes dans le bio, le vivant, la cellule…Je propose un partenariat entre l’Institut Pasteur et le Snjt pour initier des cursus scientifiques destinés aux journalistes. Nous avons certes de bons journalistes politiques ou sportifs mais pas encore de professionnels experts dans les sciences. Alors que s’ouvre aujourd’hui le temps des pandémies ».

Les compétences de base pour être un bon journaliste scientifique, selon Ruba Anabtawi, résident dans l’intérêt particulier pour cette filière, la curiosité, mais aussi la maîtrise de l’anglais, la langue des sciences et de l’accès aux recherches les plus récentes dans ce domaine des connaissances humaines.

« Il est important d’humaniser la matière proposée au public et de trouver, à travers des portraits et des investigations, la manière de rapprocher le sujet du vécu des gens. C’est ainsi que nous pouvons présenter au lecteur une matière attractive », ajoute la journaliste palestinienne.

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