Prés du tiers des tentaives d etriche à l’échelle nationale ont été signalées dans les vilels de kasserine et de Gafsa ! Les garçons continuent à surpasser les filles en ce domaine avec 187 tentatives de fraude masculines contre 131 féminines.
Les épreuves du baccalauréat, à peine auront-elles débuté mercredi dernier que les signalements des cas de fraude et de triche ont montré le bout du nez. En effet, depuis le démarrage du bac, 318 cas de tentative de fraude ont été signalés par les professeurs surveillants du ministère de l’éducation nationale. « Pratiquement le même nombre que celui de l’an dernier. On a enregistré 318 cas précis de fraudes et de  tentatives de fraude jusqu’à la fin de la troisième journée. » affirme plein d’étonnement Mr Amor Ouelbani directeur des examens au sein du ministère de l’éducation nationale. La forte similitude et la fréquence du phénomène une année sur l’autre prouve qu’il faudra lutter longtemps encore contre la triche au bac. Toutefois, de nombreuses questions traversent les esprits des parents de bacheliers tunisiens qui veulent s’assurer du bon déroulement des épreuves à l’échelle nationale. On a alors interrogé Amor Welbani pour connaitre la répartition des tentatives par région notamment. Un tas de questions taraude  les consciences : A combien s’élève le nombre de fraudes après trois jours d’épreuves ? Dans quels centres d’examens ont été signalées les tentatives de triche ? Plus précisément, dans quels établissements et dans quelle région ? Quelles techniques ont été employées pour tricher lors des épreuves ? Il y a-t-il plus de tricheurs que de tricheuses ou inversement ? Au final, peut-on en conclure que les mesures anti-triche ne sont pas efficaces ? Comparativement à l’année dernière.

Hit parade des fraudeurs par régions

Les vingt-six commissariats régionaux de l’éducation nationale ont permis de recenser les tentatives de fraude. Au hit parade, on dénombre respectivement 55 tentatives de fraude à Kasserine, 37 cas à Gafsa, 23 à Ben Arous, 22 à Kairouan, 19 à Sousse, 17 à Tunis 1 et autant à Nabeul. Tandis que dans d’autres zones non moins peuplées comme à Zaghouan avec un seul cas enregistré ou Mahdia avec deux cas. A Sfax, la deuxième ville du pays par sa démographie, on ne recense que six tentatives de fraude. Trois à Sfax 1 et trois à Sfax 2. « Des actes recensés dans ces commissariats régionaux quasiment insignifiants. On ne peut même pas comparer Kasserine avec Sfax par exemple », de l’aveu même de M Welbani qui nous a fournit les données chiffrées provisoires qui révèlent des décalages à tous les niveaux. Parce qu’il faut s’attendre à ce que d’autres cas se produisent la semaine prochaine. Malgré tout. Pourtant la loi punit sévèrement les coupables de fraude à des degrés différent selon la nature de la fraude, la circonstance aggravée ou le récidiviste. Les techniques qui permettent de contrôler les tentatives de fraudes sont peu sophistiquées et on se contente souvent du travail d’expert du surveillant. Probablement insuffisant.

La fraude est un délit

La surveillance est assurée principalement par les professeurs surveillants et généralement le staff du centre. Mais exceptionnellement aussi par le directeur, le chef du centre, le vice président. « La tache du professeur surveillant consiste essentiellement à empêcher le cas de fraude dans la salle de composition. Il doit signaler la fraude sans perturber le bon déroulement de l’examen. » Lorsqu’une tentative de fraude est dénoncée, le candidat est immédiatement suspendu. Il y a une enquête par la suite avec un questionnaire préalable soumis au candidat suspecté de triche en salle d’examen parfois avec préméditation. Le rapport final des commissions du centre d’examen signale le cas au centre de ramassage et de distribution. Si le cas de fraude est confirmé, il y a annulation de l’examen pour le candidat coupable.  La commission nationale prend les sanctions qu’elle juge opportune. Elles portent sur l’interdiction de s’inscrire pour l’examen du bac graduellement : Trois ans en cas de mauvaise conduite. Cinq ans en cas de tentative de fraude. Cinq ans d’interdiction de passer le bac et de ban d’examen en cas de confirmation de fraude. Enfin six ans d’interdiction de passer le bac, ce qui constitue la sanction extrême assortie de l’exclusion des établissements publics ou la radiation à vie de poursuivre des examens nationaux. « En 2018, 975 candidats ont été sanctionnés dont 90% pour des cas de fraude et tentative de fraude. Ils écopent généralement de cinq ans d’interdiction de passer le bac. » Concernant les moyens employés par les tricheurs qui ne manquent pas d’ingéniosité. Welbani donne d’amples détails. « Il y a les moyens classiques comme l’antisèche, la fausse copie appelée en dialecte tunisien « fouska » ou encore le fait de regarder délibérément la copie de son voisin de table. A cela, on peut ajouter des moyens modernes. Comme se munir d’une caméra de la taille d’un bouchon pour la dissimuler dans ses habits accompagné d’un transmetteur relié à une oreillette pour prendre les images vers l’extérieur et recevoir les réponses au moyen des oreillettes. » Welbani signale la difficulté parfois pour le surveillant de se rendre compte de telles pratiques d’un nouveau genre et qui dépassent l’entendement : « Ce n’est pas une mission aisée. Elle n’est pas aussi simple qu’on le croit. Il faut être expert pour se rendre compte de ces dépassements. »

L’épreuve du bac se terminera sur une note plus légère ce mercredi 19 juin 2019 avec les examens d’anglais et des activités artistiques. Par ailleurs, les candidats au bac ne sont pas uniquement des élèves mais aussi des candidats libres qui ont au minimum un niveau d’instruction de la quatrième année secondaire. « Ils peuvent être issus des établissements publics, privés voire avoir poursuivi leur propre cursus après les études secondaires pour être éligibles au bac. Le bc est un droit pour tout le monde. Il peut être chômeur ou sans emploi et décider du jour au lendemain à passer l’épreuve du bac de son plein gré. » Ainsi, on aura remarqué que le candidat le plus âgé de cette année est natif de 1958. Ne manquant pas de courage et de volonté, il est tenu vous bien âgé de 61 ans ! « La proclamation des résultats de la session principale se fera le 30 juin 2019 », affirme Amor Ouelbani.

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