• On attend la prochaine réunion de la commission administrative nationale de l’Ugtt qui aura à avaliser ou à rejeter la décision de la grève générale dans la fonction publique proposée par le groupement du secteur public dépendant aussi de l’Ugtt
• Les derniers développements sur la scène politique nationale seraient-ils à l’origine de l’ouverture de nouveaux rapports entre l’Ugtt, les palais de Carthage et de La Kasbah
• Et si la rencontre Ugtt-Kaïs Saïed aboutissait à l’annulation du principe de la grève générale?

Quelle date choisira la commission administrative nationale de l’Ugtt pour l’organisation de la grève générale dans la fonction publique à laquelle appelle le groupement du secteur public relevant de l’organisation syndicale ouvrière ?

Maintenant que le principe du déraillement général a été approuvée par le groupement du secteur public lors de sa réunion du mardi 29 mars 2022, on se pose la question de savoir quand les syndicalistes de la fonction publique (ministères) passeront à l’action et entreront en grève générale en attendant ceux du secteur public (établissements publics comme la Sonede ou l’Onas, à titre d’exemple) qui leur emboîteront le pas et décideront, comme de coûtume, de décréter à leur tour une grève générale.

Et comme c’est à la commission administrative nationale de l’Ugtt que revient le droit d’avaliser le principe de la grève générale, d’en définir la date et de fixer le nombre de jours qu’elle durera, on attend que le bureau exécutif de l’Ugtt informe l’opinion publique sur la date à laquelle est prévue la réunion de la commission en question.

Au début de la semaine écoulée quand ont été observées les grèves sectorielles qui ont touché les secteurs des télécommunications, de la Steg, des agents municipaux et qui ont duré de 2 à 3 jours pour chacun de ces secteurs, on a laissé entendre que la grève générale se tiendra avant la fin du mois de mars 2022. Sauf que pour des raisons qui restent inconnues, on apprend qu’il a été décidé que la commission administrative nationale se réunira la semaine prochaine (c’est-à-dire au cours des premiers jours du mois d’avril courant) pour examiner «la possibilité de décréter une grève générale dans le secteur public et la fonction publique».

C’est le secrétaire général de l’Ugtt Noureddine Taboubi qui a fourni l’information aux médias lors du congrès de l’Union régionale de l’Ugtt à Bizerte, sans préciser, faut-il le préciser, la date à laquelle les membres de la commission administrative nationale seront invités à plancher pour décider ou non de la grève générale.

Quelle conclusion pourrait-on tirer de la petite phrase de Noureddine Taboubi qui parle de «la possibilité de décréter une grève générale» alors que le Groupement du secteur public relevant aussi de l’Ugtt annonce clairement et textuellement qu’il demande à la commission administrative de «décréter la grève générale dans la fonction publique dans un premier temps puis une grève générale nationale dans un second temps».

Et quand les membres du groupement du secteur public évoquent la grève générale nationale, l’on doit comprendre qu’il ne s’agit plus des salariés de la fonction publique et et du secteur public mais aussi des salariés du secteur privé qui sont concernés automatiquement eux aussi si l’on opte pour «la grève générale nationale».

Que peuvent bien cacher les propos de Noureddine Taboubi en parlant de la «possibilité» de la grève générale dans la fonction publique et non de l’inéluctabilité pour les membres de la commission administrative nationale d’avaliser la décision du groupement du secteur public ?

On s’interroge sur la probabilité pour Noureddine Taboubi d’avoir reçu, de la part de la Cheffe du gouvernement ou de la part de certains de ses ministres dont notamment Malek Ezzahi le ministre des Affaires sociales qu’on dit très proche de l’Ugtt, des assurances ou des promesses selon les quelles la fameuse circulaire gouvernementale n°20 serait annulée en contrepartie d’une position plus souple de la part des membres de la commission administrative nationale de la centrale ouvrière.

Et même si certaines parties répandent, en se fondant sur les dernières déclarations de Noureddine Taboubi, que la rupture est quasi-consommée entre la place Mohamed Ali et les Palais de Carthage et de La Kasbah, l’on peut penser que les derniers développements sur la scène nationale pourraient changer la donne et ouvrir peut être une nouvelle page entre l’Ugtt d’une part et le gouvernement et la présidence de la République, d’autre part.

Ces derniers développements qui pourraient changer la donne concernent précisément les conclusions auxquelles a abouti la rencontre de vendredi dernier entre le Président de la République Kaïs Saïed et les nouveaux membres du bureau exécutif de l’Ugtt conduits par le secrétaire général Noureddine Taboubi.

Protocolaire pour certains, puisqu’intervenant généralement dans le sillage de tout congrès national de l’organisation syndicale ouvrière dans le but de permettre aussi bien au Chef de l’Etat qu’à la nouvelle direction de l’Ugtt de faire connaissance et d’établir le contact, la rencontre de vendredi dernier est intervenue dans un contexte particulier et a ouvert la voie au rétablissement du dialogue entre le palais de Carthage et la place Mohamed-Ali.

Ainsi, le Président Kaïs Saïed a-t-il insisté sur le communiqué publié à l’issue de la rencontre sur l’organisation prochaine d’un dialogue national sur la base des conclusions issues de la consultation national électronique. De son côté, Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Ugtt, a souligné à l’issue de la même rencontre que «l’avenir de la Tunisie sera édifié sur la base d’une vision participative où les forces patriotiques auront leur mot à dire».

Et l’on attend toujours si les dividendes  de cette rencontre pourraient se concrétiser en l’annulation de la grève générale de la Fonction publique par les membres de la commission administrative nationale programmée au cours des prochains jours.

Les acteurs du paysage politique national, qu’ils soient au pouvoir ou qu’ils appartiennent à l’opposition, ne devraient-ils pas se rendre à l’évidence et accepter de coopérer et de faire sortir ensemble, le pays de sa crise actuelle au moins pour éviter à la Tunisie de suivre l’exemple libanais dans la mesure où Beyrouth vient d’annoncer sa faillite officielle ?

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