Huit mois après l’institution, par le Président Kaïs Saïed, de mesures exceptionnelles en gelant les activités du parlement, en levant l’immunité des députés et en engageant une lutte sans merci contre la corruption et la contrebande, sa cote de popularité commence à s’éroder dans le cœurs des Tunisiens. Avec des étals vides des produits alimentaires de base, un pouvoir d’achat qui s’érode à vue d’œil, les citoyens s’inquiètent sérieusement sur leur devenir. Le Chef de l’Etat pointe une manœuvre et des forces occultes à l’œuvre pour saper ses efforts. Il n’empêche qu’il continue à focaliser ses efforts sur l’institution de son projet politique controversé. Il ne trouve auprès de ses conseillers et de ses ministres que des voix obéissantes mais certains d’entre eux commencent à quitter le navire en démissionnant. Une situation qui en dit long sur la manière de gouverner depuis le 25 juillet à laquelle s’ajoutent des poursuites et des procès qui ne font que creuser davantage le fossé entre le régime en place et les acteurs politiques, mais qui emporte dans son sillage quotidien les rêves de millions de Tunisiens qui passent sous le seuil de  pauvreté. Se fier aux sondages d’opinion qui redorent le blason du Président de la République, c’est confier son destin à des statistiques peu plausibles et dénuées de tout rapport avec l’âme du pays qui bat de l’aile. Dans son entourage direct, personne n’osera lui dire la vérité ou n’est apte d’en appréhender le risque. Et même nos partenaires traditionnels focalisent sur le retour à la constitutionnalité de notre système politique, alors que le pays perd les éléments de souveraineté financière et économique avec tous les effets collatéraux que peut générer cette situation délétère sur le plan social. Entre-temps, l’opposition, qui profite de cette situation sociale délétère, resserre ses rangs pour organiser sa contre-offensive avec l’espoir ténu de voir la rue se lever contre Saïed. Pourtant, le danger qui nous guette emportera tout dans son sillage. Il est temps d’écouter ces voix dissonantes qui expriment ce qui ne parvient pas à la Présidence.

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