Répondant à l’impératif de trouver une solution à la crise des déchets à Sfax, un collectif de quatre Ong, à savoir, «l’Association de développement durable de Sfax» (Adds), «Tansiqia», «Yezzi Ma Skitna» et l’«Association santé et environnement», s’est associé à l’Université de Sfax, dans une démarche synergique visant à l’émergence de solutions à court et moyen terme, dans la gestion durable des déchets municipaux en Tunisie.

La Ville de Sfax a accueilli cette semaine un workshop sur le thème de la gestion durable des déchets municipaux qui a vu la participation de représentants de plusieurs associations œuvrant pour la protection de l’environnement. Au cours de cet événement pendant lequel le débat s’est articulé autour des solutions préconisées pour une meilleure gestion des déchets municipaux, le professeur Abdelmajid  Khemakhem, président de l’Adds, initiatrice de l’idée, a indiqué que la démarche de l’association «vise à servir de catalyseur pour une politique nationale cohérente dans le domaine du traitement et de valorisation des déchets, sachant qu’elle rassemble les centres de recherches appliquées des experts et des professionnels bénévoles, de renommée nationale et internationale».

Notre interlocuteur a précisé également : «Eu égard aux enjeux considérables de la question environnementale et à la complexité de la problématique écologique dont la Tunisie, en général, et notre région, en particulier, subissent de plein fouet les effets désastreux, pas moins de quatre ateliers consacrés chacun à un thème spécifique, figurent au programme de notre action». Le premier workshop s’est penché, le 22 janvier dernier, sur le thème : «Crise de gestion des déchets en Tunisie: état des lieux et perspectives; solutions et technologies appropriées; cas du gouvernorat de Sfax».

Le tri sélectif

Au cours des deux séances de la journée, les interventions des partenaires et des experts ont donné lieu à des  réflexions, propositions et autres recommandations destinées à la résorption de la crise  des déchets ménagers à Sfax et en Tunisie.

En effet, le rapport de synthèse des travaux de ce premier atelier préconise un plan d’interventions variées, entre autres la réduction des déchets à la source, en tant qu’acte initial, incontournable dont dépend la réussite de n’importe quelle solution proposée ou adoptée.

En termes plus clairs, il s’agit du «tri sélectif», impliquant et responsabilisant en premier lieu le citoyen, tant il est vrai, que la réussite de toute conduite environnementale saine et efficace est tributaire de l’engagement concret de ce maillon initial de la chaîne. Ce qui exige nécessairement, au départ, un travail de sensibilisation et d’accompagnement de longue haleine de la part des autorités locales, des municipalités, de certains ministères, dont principalement celui de l’Education, afin de mener à bien l’apprentissage du tri dans le cadre d’une politique pédagogique globale appliquée à bon escient.

Le rapport stipule également l’élaboration d’une stratégie intégrée et durable englobant les actions de sensibilisation, les différents modes de collecte des déchets et les différentes technologies de leurs traitement et valorisation. Dans cet ordre d’idée, la mise en place du concept de l’économie circulaire est à encourager et à promouvoir.

Décharges contrôlées

L’une des recommandations du premier workshop porte sur  la nécessité d’adopter et de mettre en place les différentes technologies à différentes échelles, «dans la mesure où chaque technologie nécessite une composition de déchets bien déterminée et que, de ce fait, elle ne va traiter qu’un pourcentage bien précis». Parmi ces technologies figurent essentiellement le compostage, la biométhanisation et l’incinération ayant une valorisation énergétique.

A ce propos, des mesures dissuasives et surtout incitatives  sont indispensables, pour encourager la création  de déchetteries, de mini-centres de compostage et de biométhanisation, en tant que solutions locales et à petite échelle, en matière de traitement et de valorisation des déchets.

Parmi les solutions préconisées par la journée du 22 janvier dernier, il y a lieu de mentionner, également,le traitement mécano-biologique (TMB) des ordures ménagères, la mise en place de décharges contrôlées pour enfouissement des déchets ultimes, après l’application des technologies de traitement, ainsi que la prise en compte de l’élément gouvernance, par le biais de la création d’un comité de pilotage ou d’une entité administrative, en l’occurrence, une agence urbaine régionale de gestion des déchets, afin de réduire la lourdeur procédurale.

Parer au plus pressé

Cependant, vu la situation environnementale calamiteuse qui fait planer de graves menaces sanitaires sur la population à Sfax, les participants au premier workshop ont mis l’accent sur l’impératif de parer au plus pressé, en attendant la mise en œuvre des solutions ci-haut citées.

Les solutions prônées consistent, en premier lieu, à procéder à l’enfouissement contrôlé des déchets, conformément aux réglementations en vigueur, dans des terrains incultes en dehors des agglomérations urbaines, ce qui exige  une intervention rapide et efficace des pouvoirs publics.

Parallèlement, les recommandations portent sur la nécessité «d’accélérer la mise en place d’une première unité de traitement/valorisation des déchets ménagers, au lieu approprié, avec une synergie public–privé, et à transférer les déchets pour incinération dans les fours de cimenteries après un tri simple qui permet d’éliminer les déchets humides, ce qui prévoit  la récupération et la valorisation de la chaleur, le traitement des fumées et l’évacuation des mâchefers».

A noter, enfin, que le programme du forum scientifique du collectif des associations précitées, dont l’objectif est d’approfondir la réflexion sur la meilleure gestion des déchets possibles en Tunisie et, particulièrement au gouvernorat de Sfax, comprend trois autres workshops, soit un deuxième qui sera consacré aux aspects législatifs, juridiques et administratifs, ainsi qu’aux réformes proposées. Ensuite, un troisième qui abordera les modes et les sources de financement d’un projet type de gestion des déchets. Enfin, un quatrième workshop qui traitera de l’aspect sociomédiatique de l’implantation d’un projet de gestion des déchets.

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