Le 6 décembre 2021, le Centre national pédagogique (CNP) avait publié un appel d’offres pour l’impression, la reliure et la finition de 13.773.000 livres scolaires répartis en 185 titres. Malgré le mécontentement des imprimeurs tunisiens, le CNP s’est vu contraint de se tourner vers les marchés internationaux.

Cette opération vise à compléter les quantités nécessaires pour l’année scolaire 2022-2023. L’appel d’offres en question, faut-il le préciser, est géré par l’application Tuneps (Système tunisien de passation des marchés publics en ligne). Après un premier dépouillement, le CNP a constaté que les montants proposés par les professionnels tunisiens étaient très élevés. En effet, il faudrait mobiliser une enveloppe globale d’environ 63 millions de dinars. Soit 45 millions pour l’ensemble du contrat et 18 millions de subventions. Or, explique le CNP, le coût d’impression des manuels scolaires (pour la saison scolaire 2020-2021) s’était élevé à, seulement, 24 millions de dinars sans compter les 4,3 millions de dinars de subventions. Il y a lieu de remarquer que le prix du papier n’a enregistré aucune augmentation et qu’il demeure au niveau de 2.200 dinars la tonne sachant, à cet effet, que c’est la matière principale dans la fabrication du livre.

Mais malgré le mécontentement des imprimeurs tunisiens, le CNP s’est vu contraint de se tourner vers les marchés internationaux. D’où l’appel d’offres international. Ce dernier aurait permis à une société turque de remporter le lot. Elle était la seule à remplir les critères requis par le cahier des charges. Les imprimeurs tunisiens jugent que ces critères sont très sévères, notamment le délai de 120 jours fixé pour l’impression de 13 millions de livres et le versement d’une garantie de 200.000 dinars.

Privilégier les entreprises tunisiennes

Cette opération constitue une première pour le CNP qui s’est illustré, pourtant, dans ces activités durant, au moins, 4 décennies. C’était toujours lui qui réalisait cette importante mission. On pensait qu’il pouvait aller encore plus loin sur cette voie même s’il avait tenu à associer le secteur privé depuis quelques années.

Aujourd’hui, c’est ce secteur qui s’estime trahi, qui lance un appel de détresse. Pour les imprimeurs tunisiens, le métier court un grand danger avec la fermeture probable de certaines entreprises et la mise au chômage de plusieurs employés.

La question est problématique, il faut l’avouer, car on aurait aimé que la priorité soit accordée aux entreprises tunisiennes moyennant un assouplissement des mesures. La concurrence qui leur est imposée est très rude, ce qui est de nature à les écarter des nombreux appels d’offres futurs.

Le CNP, pour sa part, a estimé que si les propositions tunisiennes étaient prises en compte, elles entraîneraient une augmentation des prix des manuels d’environ 30%.

On pourrait, toutefois, noter qu’il ne s’agit pas, uniquement, de faire preuve de bonne gestion et de transparence de la part d’une entreprise publique. Encore faudrait-il prendre en considération l’intérêt des opérateurs nationaux. Quant à ces derniers, il est impératif qu’ils soient plus réalistes et plus proches des exigences de notre économie.

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