La situation de l’économie nationale suscite de plus en plus une perplexité et une inquiétude croissantes. Les économistes sont nombreux à prédire que le recours au FMI est inévitable. L’état des lieux hérité de la gouvernance antérieure traduit les grandes menaces qui continuent de peser sur le domaine économique et social du pays, marqué notamment par une situation financière très fragile et de profonds déséquilibres.

Le FMI insiste en substance que, si la Tunisie n’arrive pas à exécuter son plan de réformes économiques et sociales, elle se trouvera en situation  financière incompressible durant les années à venir. Sachant que les perspectives financières du pays confirment et renforcent le pronostic largement partagé d’une situation de faillite financière.

Le FMI souffle le chaud et le froid. D’une part, il prévient quant au taux d’endettement élevé du pays et au défaut de paiement, et d’autre part, il dictera sa loi au gouvernement et ses conditions irréalisables. En passant au crible la situation économique du pays, l’institution de Bretton Woods semble peu enthousiaste quant à la faisabilité de la feuille de route du gouvernement qui n’a pas les moyens financiers nécessaires pour réaliser les objectifs de développement escomptés.

Le gouvernement ne peut se passer certes de l’endettement pour financer son économie. Il le présente à la fois comme une fatalité et un risque. Recourir à la dette extérieure est inévitable quand on n’a pas des solutions pour élargir les recettes de l’Etat. La réalité est que l’endettement public du pays s’alourdit, allant jusqu’à hypothéquer une partie de notre souveraineté nationale.

Le programme des grandes réformes à financer devra être soumis au préalable à l’approbation du FMI. Aujourd’hui, encore, le Fonds impose sa vision du développement du pays et intervient en “sauveteur”. C’est cette même vision que l’Ugtt n’a eu de cesse de dénoncer explicitement en attirant l’attention sur une dépendance de l’économie nationale. La centrale syndicale a exprimé également, à maintes reprises, ses réserves quant au programme gouvernemental présenté au FMI, réserves exprimées lors de la rencontre entre le secrétaire général de l’Ugtt, Noureddine Taboubi, et la délégation du FMI. A ce titre, il faut rappeler que la centrale syndicale reste opposée aux réformes proposées par la Tunisie dans le cadre d’un accord, notamment un gel des salaires et la suspension des recrutements dans la fonction publique pendant 5 ans ainsi que la levée des subventions jusqu’à 2026.

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