L’histoire du théâtre et de tout mouvement artistique  s’écrit par les rencontres. Il suffit de planter une graine, provoquer le destin et attendre que la magie opère. La nuit des impros au Be Actor Studio lance un appel, attendons voir ce que le destin nous réserve.   

Be Actor Studio, niché au cœur d’El Manar, quartier résidentiel dépourvu de tout lieu de culture, commence à rayonner sur son environnement et propose des rencontres des plus originales. L’année dernière, les lectures théâtrales furent des instants de pur bonheur. Et,  pour ce Ramadan, les choses se sont encore plus structurées sous l’instigation du duo artistique Zeyneb Ferchichi et Taoufik El Ayeb.

Autour de Be Actor Studio, le cercle d’amis s’est élargi. Et suite à un simple appel, les énergies ont apporté soutien et volontarisme. La soirée de mardi dernier fut celle de l’improvisation théâtrale.

Des noms et pas des moindres ont répondu présent à l’appel de la scène :  Jamila Chihi, Néji Kanawati, Farhat Hnena, Jamel Madani, Mohamed Ali Ben Jemaa, Mariem Ben Hassen, Abdelkerim Bennani, Adib Hamdi et Taoufik El Ayeb ainsi que deux jeunes élèves des cours de théâtre.

crédit photo : © Karim KAMOUN

Autour d’un thème imposé, celui de la fiction et des productions ramadanesques, ces acteurs professionnels ont laissé libre cours à l’imaginaire et au savoir-faire. Chacun a exploré, à sa manière, des pistes, s’est laissé emporter par l’inspiration du moment, revenant, à travers un exercice des plus périlleux, au b.a.-ba du jeu théâtral.

Durant cette soirée de représentation, l’acteur  se libère et devient à la fois dramaturge, metteur en scène, scénographe et acteur. À lui seul, il compose son univers, joue devant un public sans texte prédéfini et sans mise en scène préalable, selon un temps donné et selon ce que lui inspire le thème de l’arbitre qui n’est autre que l’agitateur, universitaire et critique théâtral Abdelhalim Massoudi. L’improvisation, plus communément appelée « impro » dans le milieu, fait appel aux différentes techniques de l’art dramatique, et permet de développer la créativité, l’écoute et l’échange chez le comédien.

La fiction télévisée de Ramadan fut mise sous les projecteurs, explorée sous différents angles de traitement. Les styles se sont mêlés, la fusion et la synergie entre les comédiens ont opéré et nous étions les spectateurs privilégiés d’un instant de pur bonheur, le bonheur de voir cette belle brochette d’acteurs se passer la balle, s’amuser à interagir entre eux et prenant du plaisir à repousser leurs limites. L’impro, ce jeu qui semble léger et anodin, est un exercice périlleux qui résume l’essence de l’art de la scène.

Cette rencontre, d’apparence improvisée semble donner les prémices d’une belle initiative qui, dans les prochains jours, peut donner naissance à un vrai festival, ont annoncé Zeyneb Ferchichi et Taoufik El Ayeb, un festival qui donnera les lettres de noblesse à une pratique théâtrale génératrice de créativité, qui titille l’imaginaire et dévoile de nouvelles pistes restées inexploitées dans chaque acteur…Bon vent !

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