• Les Tunisiens se réveillent quotidiennement sur un nouvel épisode du feuilleton «Nadia Akacha vide son sac»
• Les révélations qu’elle a faites dominent la scène politique nationale et suscitent une polémique qui n’en finit pas
• Le ministère public ouvre une enquête judiciaire à l’encontre de l’ancienne cheffe du cabinet présidentiel qui pourrait être accusée de crime attentatoire à la sécurité du territoire national

On ne se lassera pas de poser la question suivante sans pouvoir ou prétendre y apporter une réponse convaincante ou plausible : les enregistrements fuités attribués à Nadia Akacha proviennent-ils réellement de l’ancienne cheffe du cabinet présidentiel ou sont-ils fabriqués et publiés en son nom à son insu, dans le but de porter atteinte à sa crédibilité et de salir son image d’ancien haut commis de l’Etat qui a failli à sa mission à la suite de sa révocation de son poste par le Chef de l’Etat ?

Les Tunisiens se posent quotidiennement cette question, attendent les conclusions auxquelles aboutira l’enquête judiciaire ouverte par le ministère public et confiée à la brigade nationale d’investigation dans les crimes terroristes et le crime attentatoire à la sécurité du territoire national et se mobilisent pour découvrir le contenu qui leur sera livré par l’enregistrement quotidien fuité, œuvre de Nadia Akacha ou de ceux qui parlent en son nom (en attendant ce que l’enquête va révéler).

Donc, désormais, on a un rendez-vous quotidien avec ce que Nadia Akacha a décidé de nous distiller pour la journée, d’une part, et aussi avec les réactions de ceux qui, d’autre part, dénoncent le comportement de l’ancienne cheffe du cabinet présidentiel et appellent à ce qu’elle soit jugée pour haute trahison et aussi avec les commentaires des partis politiques opposés à la dynamique du 25 juillet 2021.

La justice française saisie

Et même si Nadia Akacha a affirmé dans un post sur sa page Facebook publié le 29 avril dernier qu’elle n’est pas l’auteure des enregistrements qui lui sont attribués à tort, assure-t-elle, soulignant notamment : «Après la campagne de diffamation et d’atteinte à l’honneur, on passe au montage des voix», les personnalités soutenant le Président Kaïs Saïed, dont en premier lieu les membres de sa campagne explicative, sont solidement convaincues qu’il s’agit bel et bien de la voix de Nadia Akacha et crient qu’elle a effectivement trahi le Président de la République.

Ainsi, Atef Hamzaoui, diplomate auprès de l’ambassade des Etats-Unis en France, vient-il de déposer une plainte auprès de la justice française contre Nadia Akacha et les administrateurs de la page Facebook Hasdrubal News, les accusant de l’avoir «impliqué dans l’affaire des enregistrements fuités de Nadia Akacha». Quant à Kaïs Karoui, membre de la campagne explicative de Kaïs Saïed, il soutient que Nadia Akacha est une hystérique qui a trahi le Président.

Il ajoute dans une déclaration à la radio Shems FM : «On l’entend dans un état hystérique. Les enregistrements montrent également qu’elle a trahi le Président».

Il  précise encore : «Elle ne portait pas de projet ni de vision politiques. Le Président lui a fait confiance et l’a limogée par la suite».

De son côté, Rachida Ennaïfer, ancienne responsable de la communication présidentielle que Nadia Akacha se targue de l’avoir fait poireauter plus d’une heure devant l’ambassade de Tunisie en France lors de la visite effectuée en juin 2020 à Paris par le Chef de l’Etat, elle a réagi, dans un talk-show diffusé mercredi 4 mai sur Al Watania TV, pour assurer qu’elle se met à la disposition du ministère public pour répondre à toutes les questions qui lui seront posées dans le cadre de l’enquête judiciaire dont l’ouverture a été décidée par le parquet.

Quant à Hatem Euchi, ancien ministre des Domaines de l’Etat, qui se présente aujourd’hui comme activiste de la société civile, il reproche à Nadia Akacha d’avoir violé le devoir de la réserve auquel elle est tenue compte tenu de son ancien poste de cheffe du cabinet présidentiel.

Il cite les anciens ministres et hauts commis de l’Etat du temps des présidents Bourguiba et Ben Ali «qui n’ont jamais dévoilé les secrets de l’Etat et même ceux qui ont parlé, ils ont rédigé leurs mémoires tout en accordant aux institutions de l’Etat le respect qu’elles méritent».

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