Il  arrive un moment où l’on se trouve dans l’obligation de reconnaître qu’il est du devoir de tous — autorités publiques en premier lieu — de trouver une solution à la situation de plus en plus difficile, pour ne pas dire catastrophique, dans laquelle se morfond la presse nationale, plus particulièrement la presse écrite.

Et ce ne sont pas uniquement ces pratiques  contraires à la liberté et à la démocratie que subissent injustement les journalistes lors de l’exercice de leur profession qui sont à l’origine de cette crise.

Certes, les journalistes ont exprimé leur colère, à l’initiative de leur syndicat (le Snjt) et crié un non tonitruant à la face de tous les pouvoirs (pas seulement politiques) qui les empêchent de pratiquer  leur métier dans les règles de l’art, c’est-à-dire dans le respect strict des normes internationales inhérentes à la profession journalistique, même si le pays vit sous le régime de l’état exceptionnel instauré depuis le déclenchement de la dynamique du 25 juillet 2021.

Il reste, cependant, qu’il incombe impérativement à toutes les composantes impliquées, directement ou indirectement, dans le processus relatif à l’instauration durable d’une information nationale crédible, fiable et surtout plurielle de se mobiliser dans l’objectif de parvenir, à l’issue d’un débat national où toutes les voix seront écoutées et tous les apports pris en considération, à l’émergence d’une approche consensuelle à l’élaboration de laquelle prendront part toutes les composantes de la profession.

Et cette approche, qui n’est pas difficile à mettre en œuvre pour les professionnels du secteur aidés par les militants de la société civile attachés à la liberté de la presse et au respect des normes, ne peut qu’aboutir à la naissance ou plutôt à la renaissance de la profession sur des bases durables privilégiant la mise en place d’une information nationale où les journalistes seront convaincus qu’ils sont en train d’assumer la mission leur revenant en matière d’enracinement de la culture démocratique, conformément aux objectifs réels sous-tendant la révolution de la liberté et de la dignité.

L’heure n’a-t-elle pas sonné, enfin, onze ans après la révolution, pour que chacun de nous comprenne qu’il doit dépasser ses propres complexes, laisser de côté ses ambitions et projets personnels et s’investir avec les autres dans un projet commun, celui de promouvoir une information digne de la Tunisie.

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