La fronde, le mécontentement, voire la rébellion ont-ils atteint Ennahdha, le parti qu’on donnait jusqu’ici pour être celui où la discipline est le maître mot et où les démissions sont rares, contrairement aux autres partis politiques où on claque la porte à n’importe quel moment et pour n’importe quel motif ?
Sauf que les choses semblent changer et Ennahdha n’est plus à l’abri des caprices des uns et des désirs des autres.
Ainsi, en concomitance avec les bruits qui courent sur la déception de plusieurs parmi les «visages historiques» du mouvement déboutés par les élections primaires tenues au niveau des régions pour le choix des candidats nahdhaouis aux élections législatives du 6 octobre prochain, l’on apprend qu’au sein même du siège d’Ennahdha, à Montplaisir, on vient d’enregistrer la démission de Mohamed Gharrad, le responsable des relations extérieures du parti.
C’est Gharrad lui-même qui a annoncé, sur Facebook, sa propre démission sans préciser les raisons qui l’ont poussé à prendre cette décision, se contentant de préciser que pour le moment, il se réserve pour lui-même les mobiles de son départ.
Et les supputations ou les hypothèses essayant d’expliquer le geste de Gharrad de se multiplier.
Ainsi, en revenant au profil du responsable démissionnaire et aux postes de responsabilité qu’il a déjà occupés au sein d’Ennahdha ou à l’étranger, on découvre qu’il a déjà assuré plusieurs missions de représentation du parti et de promotion de son image à l’étranger dont la dernière s’est déroulée récemment aux Etats-Unis où la direction du parti l’a, semble-t-il, envoyé dans le but d’essayer de faire éviter qu’Ennahdha soit classée en tant qu’organisation terroriste par l’administration américaine.
Gharrad a-t-il failli dans sa mission en échouant à convaincre ses amis américains de retirer le nom d’Ennahdha de la liste des organisations terroristes ?
Pour le moment, personne n’est en mesure d’affirmer qu’il a échoué dans sa mission dans la mesure où Ennahdha n’a pas été déclarée, jusqu’ici, organisation terroriste.
Il reste, toutefois, que le risque de voir l’administration américaine le faire n’est pas définitivement levé.
Certaines sources du côté d’Ennahdha révèlent que Rafik Abdessalem, l’ancien ministre nahdhaoui des Affaires étrangères du temps de la Troïka et se considérant toujours comme M. Diplomatie au sein d’Ennahdha, n’est pas en bons termes avec Gharrad et n’apprécie pas ses interventions ou ses contributions dans le domaine des relations qu’Ennahdha entretient avec les parties étrangères, notamment dans les capitales internationales influentes.

Charger plus d'articles
Charger plus par Abdelkrim DERMECH
Charger plus dans Politique

Laisser un commentaire