Après leur brillant succès devant le CA, Walid Karoui et ses partenaires n’ont pu continuer sur leur lancée et ont été freinés dans leur nouvel élan par un Faouzi Benzarti, plus pragmatique et plus réaliste.

Le déplacement du CSS à Monastir, qui s’est effectué dans l’euphorie après la très chaude empoignade avec le CA concrétisée par un très beau succès, était un virage important à ne pas manquer coûte que coûte par le CSS afin de rester au sommet et dans la course pour le titre. C’était un examen décisif car dans un mini-championnat de 10 matches, les virages se comptent sur les doigts de la main et, donc, les possibilités de rattrapage et de rachat sont très limitées. C’est pourquoi la défaite des « Noir et Blanc » avec l’un des concurrents directs au moins pour la deuxième place à défaut du sacre, a été pressentie à Sfax comme un brutal et amer coup d’arrêt.

Adversaire victorieux du CSS, l’USM consolide son avance avec 5 points de sécurité (12 contre 7). L’autre répercussion négative de ce faux pas, c’est la perte de la troisième place au profit de l’Etoile, qui l’a reconquise après son succès de mercredi sur le CA au Stade Hamadi-Agrebi de Radès. Pour Nabil Kouki, les dégâts, après cet échec qui ne tombe pas à pic pour son équipe, sont importants et la perte peut être énorme après tout ce vent d’optimisme qui a commencé à souffler dans le camp sfaxien.

Mauvaise approche tactique

Le coach des « Noir et Blanc » doit se mordre encore les doigts de ne pas avoir approché ce match-clé autrement. Psychologiquement, il avait un net ascendant sur son adversaire qui a été accroché par l’USBG à domicile, qui a perdu deux points précieux et qui était entré dans le doute. Lui, il était dans le confort moral après la brillante sortie des siens devant les « Rouge et Blanc ». Jouer  au chat et à la souris avec Faouzi Benzarti, il a préféré être un peu attentiste , plus prudent qu’il ne le fallait pour miser sur les contres et les percées dans les espaces que laisserait son vis-à-vis avec son pressing haut et sa stratégie de projection constante vers l’avant. Sauf que Faouzi Benzarti n’est pas tombé dans le piège et a joué plus équilibré que d’habitude avec un bloc médium et un milieu à trois. L’animation offensive du CSS a été très approximative du fait de ce choix avec peu d’occasions de but, et le match s’est joué sur deux détails, deux penaltys. L’un sifflé pour faute de main de Dagdoug en pleine surface et donnant le but de la victoire de l’USM et l’autre refusé par l’arbitre Youssef Sraïri suite à une faute sur Firas Chaouat après la ligne de sortie et qui devait être sanctionnée, car le ballon était encore en jeu à l’intérieur de la surface. Nabil Kouki aurait dû, avec un effectif fort au niveau individualités et sur le plan mental, surprendre, innover, chambarder son plan et sa stratégie, imposer son jeu et sa force de frappe plutôt que les adapter au jeu de son adversaire et d’attendre que Faouzi Benzarti commette des imprudences et joue avec le feu avec un onze emporté carrément vers l’avant afin d’arracher les trois points d’un succès, pour lui impératif après le faux pas contre l’USBG.

Quand on a commencé à épouser une courbe ascendante, on n’a pas le droit de reculer et de revenir à des réflexes défensifs, mais on doit profiter de ce retour à la forme et du retour de la confiance, pour enchaîner, serrer l’étau sur ses adversaires et ne pas attendre une action favorable, un heureux concours de circonstances pour s’octroyer des succès et grappiller des points importants pour le décompte final.

Dimanche, ce sera le rendez-vous clé avec l’Espérance à Sfax. Un autre virage crucial, sans doute le dernier à bien négocier, à ne pas manquer pour rester dans la course et ne pas abdiquer avant 4 journées de la fin. Le match perdu à Monastir doit servir de leçon pour une meilleure approche de ce match de la saison.

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