LES Tunisiens se réveillent quasi-quotidiennement sur des manchettes de journaux et sur des talk-shows radio et TV reprenant une alerte commune, un cri de détresse partagé : Sfax ne respire plus, Sfax suffoque, les Sfaxiens et les Sfaxiennes croulent sous les déchets domestiques qui s’accumulent dans les rues au jour le jour et privent les habitants de leur droit absolu à un cadre de vie sain, vivable, pour ne pas dire agréable.

A qui incombe la faute de voir les autorités régionales démissionner de leur fonction essentielle, celle de répondre favorablement aux aspirations des citoyens à un environnement sain et un cadre de vie conforme aux normes internationales en matière de propreté et de salubrité publiques ?

Et ces normes internationales auxquelles la Tunisie a adhéré depuis bien des décennies commandent un engagement inconditionnel et une contribution durable à l’effort national de préservation de l’environnement et d’amélioration des conditions de vie et de travail des citoyens-contribuables.

Sauf que lorsque les autorités compétentes, municipalités et ministère de l’Environnement, via ses différentes directions régionales et agences spécialisées, omettent d’assumer leurs missions initiales et font la sourde oreille aux revendications légitimes des organisations et associations de la société civile jalouses de la propreté de leurs cités, l’on se trouve en droit de s’interroger si la démission de ces structures ne traduit-il pas l’incompétence de ceux qui assument la responsabilité de leur gestion ou si cette absence criarde de décision et d’intervention ne relève-t-elle pas plutôt d’une volonté tacite de sabotage conscient ou inconscient de la dynamique nationale ayant pour objectif principal la réunion des meilleures conditions de vie et de travail pour tous, sur un pied d’égalité.

Et quand les citoyens de Sfax, excédés et désespérés des responsables à tous les niveaux, décident de s’en remettre directement et en dernier recours au Président de la République Kaïs Saïed qui reste leur ultime espoir pour trouver une solution à ces ordures qui continuent à joncher  les rues de la ville depuis novembre dernier, on ne peut que se poser la sempiternelle question : à quand une solution radicale aux agissements de ces responsables régionaux qui ont fait montre irrémédiablement d’incompétence ou qui adhèrent, directement ou indirectement, à ce mouvement de sabordage de l’Etat et de ses institutions ?

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