En 79 mn, le documentaire de Frédéric Fougea, « Méditerranée, l’odyssée de la vie », raconte cette mer qui unit 27 pays comme personne encore ne l’a encore fait. La force de ses images incarne un fascinant voyage à la rencontre des animaux et des plantes qui habitent à cent mille lieues sous l’eau. Le film qui fera des tournées dans plusieurs villes côtière cet été, a été projeté dimanche dernier dans le cadre de la cinquième édition de l’EnviroFest, grâce au soutien de l’Association « La Saison Bleue ».

« Il existe tout près de nous un monde où la nature cache encore certains de ses plus beaux secrets.

Une entaille dans l’écorce terrestre entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe. La Méditerranée ! Une mer profonde où règne une vie sauvage exceptionnelle. Des eaux si bleues qu’elles attirent les voyageurs du monde entier. Cette mer a vu naître les civilisations, les premières cités, les premiers navigateurs. Aucun espace naturel n’a été autant marqué par la présence de l’homme. Comment le vivant s’adapte-t-il à nous ? ».

C’est sur ces mots, racontés par la voix porteuse de merveilleux de Camélia Jordana que démarre le magnifique  documentaire de Frédéric Fougea, « Méditerranée, l’odyssée de la vie ». Le film de 79 mn a été projeté avant-hier après-midi à la Cité de la culture dans le cadre de la cinquième édition d’EnviroFest Tunisia (du 20 au 25 mai) dans une salle à moitié pleine d’enfants. Diffusé le 21 avril 2022 sur France 2, ce documentaire-évènement a demandé deux années de tournage dans quinze pays différents. Ces deux ans de tournage ont été nécessaires pour le réalisateur afin de rendre compte d’un écosystème menacé, mais bien vivant. Voilà une chose à dire aux nouvelles générations afin de les sensibiliser à la protection de cette mer intérieure, si précieuse pour l’équilibre écologique des 27 pays situés sur son pourtour, une mer qui nourrit depuis des siècles des millions d’individus.

Du pouvoir de résilience de la Méditerranée

Tout en évitant l’alarmisme et le catastrophisme, Frédéric Fougea a bien réussi ce pari. En faisant plonger le spectateur cent mille lieues sous les eaux bleu turquoise de la Méditerranée, le réalisateur fait des animaux ses principaux personnages, adoptant leur point de vue, exposant leur affect et démontrant leur génie, notamment pour s’orienter dans l’immensité bleue de l’océan. Une tortue caouanne traverse la Méditerranée de la France à la Grèce pour aller pondre ses œufs sur la plage de sa naissance, les thons rouges font un périple épique depuis l’océan Atlantique pour se reproduire là où ils sont nés, en Méditerranée, une cigogne mâle parcourt le ciel de la mer intérieure pour construire son nid sur ses rivages, quelque part sur les côtes italiennes. La vie les anime tous. Ils font la richesse de la biodiversité de cette région du monde. Mais le plastique, « L’équivalent de 34 000 bouteilles en plastique atterrissent en Méditerranée chaque minute », indique la voix douce de Camélia Jordana, l’intense trafic maritime et la surexploitation des ressources halieutiques représentent de réels dangers pour ces espèces.

« Comment les animaux sauvages parviennent-ils à donner naissance, à éduquer leurs petits, à devenir adultes, à se séduire, à se dépasser, à conquérir de nouveaux territoires ?

Et cette mer. Attaquée de toute part…

Comment résiste-t-elle à la pression ?

Comment fait-elle pour panser ses plaies ?  Et pour renaître ? ».

Le texte de « Méditerranée, l’odyssée de la vie », que clame Camélia Jordana, est aussi beau que les images, qui défilent sur l’écran et dont on ne se lasse pas. Et malgré les catastrophes écologiques, la Méditerranée trouve dans ses entrailles la force de se régénérer. Grande est sa capacité de résilience. La preuve, trente ans après une marée noire, l’épave d’un pétrolier abrite désormais des coraux et des poissons !

Malgré sa longueur, le jeune public présent dans la salle a suivi le film jusqu’au bout et participé activement au débat, qui l’a suivi, animé par Hisham Ben Khamsa, président d’EnviroFest et Yassine Sghaier, du Spa/ Rac, soit le Centre d’Activités régionales pour les Aires Spécialement Protégées.

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