Kenza Zouari, curatrice réputée sur la scène globale des NFT, et Shiran Ben Abderrazek, co-animateur de «Culture sans filtre», le podcast de la création contemporaine et entrepreneur dans le secteur de la Blockchain, ont décidé d’unir leur passion commune pour offrir une nouvelle expérience au grand public et aux artistes.

Nous sommes au cœur emblématique de la Médina, sur la très aristocratique rue du Pacha. Sur le tronçon que l’on couvrait de tapis quand le bey la descendait à cheval. A quelques encablures du lycée où les princesses beylicales et Madame Bourguiba suivirent leur scolarité. Juste avant la porte d’une des plus courues maisons d’hôtes installée dans l’ancienne demeure d’un parfumeur du XVIIIe siècle. Pour vous dire que nous sommes dans un lieu chargé d’effluves de passé, de traditions et de mémoire.

Là, au 27 bis très exactement, s’ouvre un étrange hublot qui attire le passant comme un aimant. Dans un minuscule espace de moins de dix mètres carrés auquel on n’a accès que par le regard parce qu’interdit par une barrière, un écran vous projette instantanément …Dans l’avenir.

Ici — la plaque n’était pas encore placée le jour de l’inauguration — s’ouvre, dans la Médina de Tunis, la première galerie d’art digital d’Afrique et du monde arabe. Il faut avouer que c’est énorme, et qu’on met du temps à l’assimiler.

Bien sûr, il ne faut pas nous prendre pour des béotiens, nous avions entendu parler de cet art digital qui fait délirer les critiques, et les marchands d’art.  Mais c’était ailleurs, selon des normes et des codes que nous, amateurs de peinture de chevalet, nous initiant avec application à l’art contemporain, faisant semblant de comprendre l’art conceptuel pour ne pas paraître trop stupides, n’avions pas encore intégré.

Kenza Zouari et Shiran Ben Abderrazek, les deux fondateurs de cette nouvelle mini-galerie baptisée Mono, première galerie physique du continent africain et de la région Mena se font un plaisir d’expliquer avec brio le concept.

Les NFT sont une catégorie d’actifs digitaux qui ont émergé avec la nouvelle technologie de la Blockchain. L’art NFT —  soit «non fongible token» ou jeton non fongible —  est constitué d’œuvres d’art digitales codées dans des blockchains

Ce qui, paraît-il, offre un grand nombre d’avantages aux artistes qui les ont produits.

Mono se propose de présenter toutes les deux semaines une œuvre d’un artiste différent, artiste émergent ou confirmé d’Afrique ou de la région Mena.

La première artiste invitée est la Sénégalo-Libanaise, Linda Dounia, qui présente une œuvre intitulée «Bauhaus Puzzle», œuvre d’art génératif, faisant intervenir l’intelligence artificielle.

Kenza Zouari, curatrice réputée sur la scène globale des NFT, et Shiran Ben Abderrazek, co-animateur de «Culture sans filtre», le podcast de la création contemporaine, et entrepreneur dans le secteur de la Blockchain, ont décidé d’unir leur passion commune pour offrir cette nouvelle expérience au grand public et aux artistes.

Alors avez-vous compris le principe ?

Écoutez bien : la Blockchain est une technologie qui révolutionne l’intégralité des industries et des activités humaines, les NFT sont en train d’apporter de nouvelles manières de produire et de diffuser l’art, que seuls les initiés expérimentent pour le moment.

Alors, gardez pour vous les questions primaires, telles que «comment acheter, puisqu’on ne peut payer qu’en monnaie virtuelle?»

«Et si on achète, qu’a-t-on de concret en main ?»

Souriez.

Nous, à la rue du Pacha, rue centenaire, bruissant des échos de l’Histoire, nous avions le sentiment très net d’être des précurseurs, des découvreurs d’univers artistiques nouveaux. Et si vous n’avez pas tout compris, peu importe, vous comprendrez bientôt. En attendant, courez rue du Pacha découvrir Mono.

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