En dépit de la conjoncture internationale marquée par la crise russo-ukrainienne et des tensions géopolitiques, la Tunisie devrait tirer son épingle du jeu dans plusieurs secteurs en 2022. La croissance économique durant les prochains trimestres 2022 pourrait être tirée vers le haut par les performances de certains domaines économiques, notamment les secteurs du tourisme et des phosphates et dérivés.

Le dossier des phosphates, cette grande richesse minière que le pays aspire à valoriser et préserver, encore et toujours, aggravée depuis plus d’une dizaine d’années par une crise socioéconomique et politique et par la pandémie Covid-19, est probablement près de se clore.  Ce secteur, bras armé de l’économie nationale, est  à l’arrêt depuis 2011. Dix ans durant, il était incapable de remonter la pente et de reprendre son rythme habituel, essentiellement celui de 2010. En effet, la production et l’activité du transport étaient, à maintes fois, quasi-bloquées à cause des protestations sociales. Cette situation a provoqué la baisse du niveau des stocks des usines du Groupe Chimique Tunisien (GCT) à son plus bas niveau. La CPG, en difficulté financière, était elle aussi incapable d’assurer l’approvisionnement du marché local en engrais,  et de tenir ses engagements envers ses clients. Ses pertes étaient estimées à 480 millions de dinars, fin 2019. Aujourd’hui, les indicateurs promettent un avenir meilleur pour ce secteur. Notre pays a repris ses exportations de phosphate après une interruption de 11 ans et «projette de vendre sur le marché mondial plus de 300.000 tonnes, cette année, en raison d’une forte augmentation de la demande mondiale, et au moins 600.000 tonnes l’année prochaine». Ce qui permettra à la Tunisie de retrouver dans les prochaines années son statut  de premier exportateur en profitant de la forte hausse des prix des engrais due à la guerre en Ukraine. Force est de rappeler que la relance des exportations tunisiennes en phosphate commercial s’inscrit dans le cadre « d’un plan qui couvre le reste de l’année 2022. La CPG s’apprête à exporter près de 50.000 tonnes, vers des clients en France, au Brésil et en Turquie avant la fin du mois de mai courant, les mêmes clients traditionnels que la Tunisie avait perdus ces dernières années». Dans le même contexte, le ministère de l’Industrie, de l’Energie et des Mines s’est assigné comme objectif, dans l’étude stratégique à l’horizon 2040 sur le phosphate et dérivés qu’il a élaborée, d’appréhender la situation actuelle et l’évolution prévisible de la demande du phosphate et de ses dérivés à l’horizon 2040 afin de positionner l’offre actuelle du secteur par rapport aux offres concurrentes et de dégager des opportunités en termes de marchés et de produits à l’avenir.

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