Incapables d’accéder à la santé, à l’éducation et à un emploi décent, près de 60 mille migrants en situation irrégulière en Tunisie s’attendent à ce que leur statut soit clarifié.


Sur nos côtes, les barques de la mort nous révèlent, chaque jour, les vicissitudes des traversées échouées et les épaves des rêves rejetées sur les rivages de la Méditerranée. Cette mer cimetière, où le chemin n’a jamais abouti à un eldorado européen, tant adulé par une diaspora assez diversifiée. En une semaine, le bilan de ces rêveurs afflige le cœur.

Mercredi dernier, à quelques kilomètres de l’île de Kerkennah, à Sfax, avait eu lieu un naufrage d’un zodiac, parti de la Libye, avec à son bord 100 migrants irréguliers de nationalités africaines et asiatiques. La Garde nationale maritime n’a pu sauver que 24 personnes seulement et repêché une autre noyée. Alors que les 75 migrants restants sont, depuis, portés disparus. La semaine écoulée, quelque 99 migrants clandestins, dont 23 subsahariens, ont été interceptés en une seule journée. Sur cette lancée, nos gardes-côtes avaient également réussi à déjouer plusieurs tentatives de traversées depuis différents points d’accès. Deux passeurs, dont un recherché, furent, ensuite, arrêtés. En fait, tout s’est déroulé en bataille rangée. Sans en finir, tous les jours, avec un flux et reflux migratoires qu’on a du mal à gérer. Revers de la médaille, on se limite à l’unique solution sécuritaire.

De mauvais augure !

En l’absence d’une vraie réponse multiforme, la question migratoire ne saurait nullement être résolue. Pire, la liste des victimes semble, ainsi, s’allonger. Dans le sillage des chiffres alarmants, le porte-parole du Ftdes, Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, Romdhane Ben Amor, a rappelé qu’environ 1.500 migrants clandestins ont péri en 2021. Et l’année en cours, prévoit-il, s’annonce aussi meurtrière, faute d’une politique migratoire réaliste et pragmatique. Cela fait que nos frontières ne sont plus sûres et moins contrôlables. D’autant plus que l’Etat tunisien ne dispose d’aucun texte de loi adapté aux différents protocoles et conventions internationaux qu’il avait ratifiés depuis bien longtemps.

Pour rappel, un projet de loi sur l’asile, élaboré en 2012, tarde encore à voir le jour. De même, migrants et réfugiés établis sous nos cieux  n’ont plus droit à quoi que ce soit. Pas d’accès à la santé, à l’éducation, à l’emploi décent, près de 60 mille migrants en situation irrégulière en Tunisie s’attendent à ce que leur statut soit clarifié, selon des statistiques officielles recoupées. Nous y reviendrons.

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