Un drame de trop à Sfax, quitte à provoquer, en ces temps de forte chaleur, une nouvelle crise de salubrité publique et d’environnement.

Dans la migration irrégulière, il y a toujours difficulté d’agir en connaissance de cause. Disparus ou survivants, leur prise en charge pose encore problème. Ras-le bol à Sfax ! Cette vile, qui a tant souffert de ses ordures, s’est trouvée de nouveau face à une crise d’enterrement des migrants échoués sur ses côtes. La morgue de son hôpital local Habib-Bourguiba a du mal à contenir les cadavres des migrants rejetés sur la rive sud de la Méditerranée. Sa capacité est submergée. Incroyable, mais vrai !

La dignité des morts avant tout !

Et voilà que la situation commence, semble-t-il, à dégénérer. C’est que l’odeur des corps décomposés se fait de plus en plus sentir partout dans le milieu hospitalier, gênant professionnels et patients. Quand la dignité des morts est ainsi violée. Chose intolérable, du fait que l’on ne respecte pas les moindres règles des droits humains avant l’inhumation. Drôle d’un Etat incapable même d’honorer ses morts, en leur assurant un lieu d’enterrement.

Sur ce plan, concitoyens et ressortissants sont aussi égaux. Mais que faire pour que ces dépouilles soient conduites à leurs dernières demeures ? On s’attend à ce que des tombes leur seraient réservées.

Interpellé, le directeur régional de la santé semble être au four et au moulin. Il a, d’ailleurs, appelé toutes les parties concernées à redoubler d’efforts pour enterrer ces cadavres, le plus rapidement possible. La municipalité de Sfax vient en premier lieu, ses services compétents devraient prendre les choses en main, sans tarder. Ceux-ci sont sollicités pour trouver, du moins, une solution provisoire appropriée. Et ce, en attendant la création d’un cimetière spécial pour des cas pareils. Cela fait rappel aux abus liés à des rites funéraires constatés dans la période de pleine pandémie 2020-2021, où l’on avait, alors, recours à des fosses communes pour enterrer les victimes du Covid.

Aujourd’hui, ce même problème refait surface à Sfax. Les procédés avec lesquels on traite ces cadavres sont remis en cause. Surtout, prévient-on, qu’il y a actuellement 44 cadavres de migrants dans la morgue de l’hôpital de la région. Et que ce chiffre aura certainement augmenté après le naufrage d’une barque de clandestins, survenu dernièrement au large des îles Kerkennah, faisant pas moins de 75 disparus.

Un drame de trop, quitte à provoquer, en ces temps de forte chaleur, une nouvelle crise de salubrité publique et d’environnement.

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