En remportant, haut la main, le tournoi de Kirin au Japon, l’équipe nationale semble bien partie pour nous faire vibrer à l’avenir.

C’est la première fois qu’une nation africaine remporte le tournoi international de Kirin que le Japon organise annuellement pour les équipes nationales depuis 1992. Cet honneur est revenu à la Tunisie qui a battu le Japon en finale avant-hier au stade d’Osaka sur le score édifiant de 3 buts à zéro. Et pour donner un petit aperçu sur les nations capées dans ce tournoi notoire qui a atteint une trentaine d’éditions, il y a lieu de citer, entre autres, le Japon (11 coupes), l’Argentine (1992), la Hongrie (1993), la France (1994), la Belgique (1999), le Pérou (2005) et l’Ecosse (2006).

Ce fut donc une belle réalisation réussie par les «Aigles de Carthage» qui ont damé le pion aux Nippons dans leur propre antre et devant leur public imposant.

Kadri et ses joueurs marquent des points

Nous avons souvent critiqué l’irrégularité de l’équipe nationale et le fait qu’elle rate beaucoup d’occasions de buts, presqu’à chaque sortie.

Mais au Japon, et comme par enchantement, la métamorphose a été totale, au point d’épater tous les Tunisiens.

En effet, après la nette victoire sur le Chili (2-0) en demi-finale, la confirmation a été des plus frappantes face au Japon qui partait quand même avec l’avantage des pronostics, grâce, notamment, à sa large victoire sur le Ghana (4-1) en demi-finale.

Le Japon, dont la quasi-totalité des joueurs évoluent en Europe (Allemagne, Angleterre, France, Italie, etc.), est bien rompu aux compétitions de haut niveau.

On l’a vu contre le Ghana imposer un rythme de jeu frénétique basé sur des passes courtes et rapides sans déchets, ni improvisation.

Ses joueurs ont fait la même chose contre notre sélection avec une nette domination et un bon  pourcentage  au niveau de la possession  du ballon (68%). Seulement, ils avaient affaire à une Tunisie beaucoup plus mûre que le Ghana sur le plan tactique. Et c’est là que réside tout le mérite du staff technique tunisien, conduit par Jalel Kadri, ainsi que celui des joueurs qui ont fait preuve d’une grande application sur le terrain et d’une bravoure inouïe. Les Tunisiens n’ont pas ouvert le jeu comme l’a fait le Ghana qui fut piégé par son choix risqué ayant laissé beaucoup d’espaces aux rapides et incisifs Japonais.

Au contraire, notre sélection a donné une leçon d’anthologie au vrai sens du terme dans cette rencontre historique qui restera dans les annales de notre histoire, d’autant plus que c’est la première fois que la Tunisie arrive à battre le Japon après trois défaites dans le passé.

Le match Tunisie-Japon a des points communs avec un certain Italie-Brésil de la phase finale de la Coupe du monde de 1982.

A l’époque, la «Squadra Azzura» avait piégé la meilleure «Seleçao» de l’histoire, en optant pour une défense renforcée et des contre-attaques meurtrières. Le résultat : une victoire (3-2) de l’Italie et une cuisante élimination du Brésil de Zico, Socratès, Junior, Falcao, etc.

Face au Japon, la Tunisie a adopté presque la même tactique avec un «Catenaccio» très hermétique et des contre-attaques ayant donné le tournis aux Japonais et qui se sont soldées par trois buts de toute beauté. La réussite tactique fut telle qu’on peut la qualifier de leçon donnée par un maître ès football à un novice.

Un potentiel respectable

Ainsi, le bilan de ce tournoi de Kirin a été très positif, avec 5 buts marqués et zéro encaissé, en plus du joli pactole empoché et de l’honneur accordé aux couleurs nationales.

Tous les joueurs ont dignement honoré leur contrat dans ce tournoi qui va servir de base pour la construction d’une équipe désormais capable de forcer le respect dans toutes les épreuves futures.

Notre défense est devenue très solide avec Dahmen, Ifa, Ghandri, Maâloul, Talbi, Abdi et Dräger et les autres, même si ces deux derniers doivent se perfectionner davantage sur le plan de la couverture.

Au milieu de terrain, la pléthore de joueurs de qualité suscite la jalousie. Ben Romdhane, Aïdouni, Sassi (Chaâlali blessé), Ben Slimane, Mejbri (sans oublier Skhiri) constituent un compartiment qui maîtrise l’art de la couverture, la transition et le généreux soutien à l’attaque.

Quant à l’attaque, qui se doit d’être toujours conduite par l’homme-clé Youssef M’sakni, elle ne devrait plus poser de problèmes avec le retour de Khénissi et Jebali et le métier de Sliti et Jaziri en particulier.

La pâte à modeler est bien là, il faudra simplement en faire bon usage pour nous sortir une belle œuvre d’art.

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Un commentaire

  1. Nouri Taieb

    16/06/2022 à 12:16

    Le spectre de Laurent blanc était présent lors des 2 rencontres.

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