Dès cet après-midi face à l’Etoile, les Bleus vont devoir transférer une partie de leurs joueurs au plus haut de leur cote pour gagner et toujours talonner avant d’accélérer lors du sprint final.

Pour espérer que l’USM soit championne de Tunisie le 26 juin, inutile de jouer sur la corde du petit contre le gros, ficelle à laquelle de nombreux articles se sont suspendus à l’occasion des derniers sommets de la phase 1 du championnat, ainsi que lors du play-off. Comparaisons de budgets et recours au vieux cliché de l’éternel outsider ambitieux face au géant du Top 4, non sans une touche d’antagonisme entre la capitale, le Sahel et Sfax. Voilà pour les spéculations, les mesures, les regards, les stéréotypes et l’évaluation. Cependant, en revanche plutôt, aujourd’hui, rien n’empêche d’éprouver de la sympathie pour le projet des Bleus, pour des joueurs en plein épanouissement, comme Béchir Ben Saïd, Ousmane Ouattara, Mohamed Saghraoui, Roger Aholou, Youssef Oumarou, Hamza Jelassi et Zied Aloui, sans oublier les incontournables que sont Haykel Chikhaoui, Driss Mhirsi et autre Hakim Tka. Ce faisant, aujourd’hui, les composantes de l’équipe fanion du club du Ribat incarnent le modèle parfait d’un club dont la star est l’équipe, surtout avec cette notion de groupe qui s’affirme de jour en jour. Et avec une politique de club bien menée, des recrutements intelligents et un management rompu au haut niveau, forcément l’USM peut avoir des prétentions pour le titre national. Evidemment, pour qu’un club loin d’être bardé de titres de champion de Tunisie soit en mesure de tenir jusqu’à la fin, il faut une assez rare conjonction de facteurs qui tient plus de la providence que des seuls bons choix stratégiques: l’éclosion de plusieurs talents simultanément, à l’instar de Béchir Ben Saïd, Zied Aloui et Youssef Abdelli pour ne citer que ceux-là, une bonne dynamique de groupe, des difficultés sportives chez les concurrents, sans oublier le facteur chance et l’arbitrage.

Profiter de la fenêtre de tir !

Nécessairement donc, les hommes de Faouzi Benzarti doivent dès à présent profiter de la fenêtre de tir, car elle va être inévitablement courte. Dès cet après-midi face à l’Etoile Sportive du Sahel au stade Mustapha Ben Jannet de Monastir, l’USM, dauphin de l’Espérance (à deux points du leader), va devoir transférer une partie de ses joueurs au plus haut de leur cote pour gagner, toujours talonner avant d’accélérer lors du sprint final face à l’USBG et au CSS.

Sur ce, le jeu en vaut forcément la chandelle pour un club réputé, mais sans grand bassin de population ni d’investisseurs puissants. Chapeau bas donc pour un club qui est déjà arrivé à se structurer pour mieux se pérenniser dans l’élite. Et c’est déjà une victoire en attendant la cerise sur le gâteau. Aujourd’hui, sans minimiser l’épopée de l’USM jusque-là, dans les périodes de « vacance du pouvoir», le championnat de Tunisie retrouve forcément cette joyeuse incertitude qui contribue à son intérêt. L’USM ferait un beau vainqueur, et la portée symbolique de la fin du « règne sans partage » ne pourrait qu’être favorable à notre sport-roi. Il faut comprendre par là que l’incertitude est un facteur d’intérêt sportif, et même de valeur économique.

Pourquoi ? Parce que si une équipe écrase indéfiniment le championnat, cela nuit à ce que les économistes du sport appellent l’équilibre compétitif du championnat. Les Usémistes savent donc ce qu’il leur reste à accomplir…

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