• Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Ugtt : «Nous continuerons à faire grève pour répondre aux attentes et aux revendications des travailleurs»
• Slaheddine Selmi, secrétaire général adjoint de l’Ugtt, chargé des établissements et des entreprises publics : «Nous sommes disposés à reprendre les négociations à condition que le gouvernement fasse preuve de sérieux et de volonté ferme de parvenir à une solution»
• Le bureau exécutif de l’Ugtt se réunira prochainement pour fixer la date de la grève générale de la fonction publique

Maintenant que la grève générale du secteur public (établissements et entreprises publics au nombre de 159) a vécu, que les salariés de ce secteur ont débrayé tout au long de la journée du jeudi 16 juin à raison de 96,22% de l’ensemble des salariés, comme l’a annoncé le jour même Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt), que le coût financier de cette journée a varié selon les estimations de certains experts entre 90 millions de dinars, 200 millions de dinars et 300 millions de dinars (voir les quotidiens du vendredi 17 juin), la question que les Tunisiens se posent, qu’ils soient pour la grève ou contre, est la suivante : Que compte faire l’Ugtt dans les jours ou les semaines à venir, face au niet catégorique que le gouvernement Najla Bouden a opposé à ses revendications ?

En d’autres termes, les syndicalistes de la place Mohamed-Ali et ceux et celles parmi les militants et les personnalités de la société civile qui ont soutenu la grève du jeudi 16 et se sont réjouis pleinement du taux élevé des participants vont-ils se taire et rentrer dans les rangs, attendant que le gouvernement Bouden ou, pour être plus clair, le Président Kaïs Saïed décide d’accorder de l’importance à leurs demandes et réponde favorablement à certaines de leurs revendications, dans les limites de ce que permettent les caisses de l’Etat, en contrepartie des concessions ou du retour de l’évidence dont pourrait faire montre Noureddine Taboubi en répondant favorablement aux tentatives de conciliation et de médiation entre le palais de Carthage et la place Mohamed-Ali, tentatives menées actuellement par certaines personnalités qui sont encore convaincues qu’il est encore possible de parvenir à une solution consensuelle gouvernement-Ugtt ou Président de la République-Ugtt, en dépit de ce que répondent, jour et nuit, ceux qui estiment que la rupture est définitive, que le spectre de l’inconnu s’est installé et qu’il faut s’attendre à tout, dans les semaines à venir ?

La main de l’Ugtt toujours tendue pour la négociation

Et même si Noureddine Taboubi a souligné haut et fort : «Nous continuerons à faire la grève pour répondre aux attentes et aux revendications des travailleurs» et même s’il a accusé le gouvernement de publier de «faux chiffres» et «n’a pas exprimé une réelle volonté de trouver une issue lors de la rencontre de négociation du 13 juin», il n’a pas fermé la porte du dialogue comme l’ont affirmé lui-même et ses principaux collaborateurs, dont en premier lieu Slaheddine Selmi, secrétaire général adjoint de l’Ugtt, chargé des établissements et des entreprises publics.

«Nous ne faisons pas la grève pour la grève, a souligné Slaheddine Selmi sur la chaîne Attassiaâ, et nous sommes disposés à retourner à la table des négociations à condition que les négociateurs du gouvernement fassent montre de sérieux et d’une réelle volonté de parvenir à une solution consensuelle».

Les syndicalistes ont-ils lancé au gouvernement un ultimatum au bout duquel ils passeront, de nouveau, à l’action et fixeront la date de la grève générale des salariés de la fonction publique comme l’a décidé le groupement de la fonction publique qui a délégué au bureau exécutif le pouvoir d’en fixer le jour de démarrage et d’envoi du préavis y afférent au gouvernement.

Pour le moment, on se contente dans les milieux de l’Ugtt de préciser que le bureau exécutif de l’Ugtt se réunira prochainement (sans fixer de date) en vue d’évaluer «la grève du secteur public et de décider des mouvements à organiser, à l’avenir, au cas où le gouvernement ferait toujours la sourde oreille à nos demandes».

Slaheddine Selmi et Sami Tahri, le porte-parole de l’Ugtt, n’y vont pas par quatre chemins pour annoncer que l’Ugtt maintiendra la pression sur le gouvernement, ce qui revient à dire que les syndicalistes opteront pour le mécanisme suprême dont ils bénéficient : la grève générale, selon ses multiples formes.

D’abord, la grève générale des agents et cadres de la fonction publique (ministères et municipalités) dont le principe est déjà institué et dont la date sera fixée prochainement.

Ensuite, l’organisation d’une grève générale des salariés du secteur privé.

Et l’on peut pronostiquer aussi que les syndicalistes pourraient opter, le cas échéant, pour une grève générale qui engagera les travailleurs du secteur public, de la fonction publique et du secteur privé.

Certains observateurs n’écartent pas un possible recours de l’Ugtt aux grèves générales sectorielles, aux grèves régionales, aux journées de colère régionales et sectorielles aussi.

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Un commentaire

  1. kefi

    18/06/2022 à 11:58

    On ne peut pas dialoguer avec des mafieux

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