Durant le mois de mai 2022, le nombre d’arrivées tunisiennes sur les côtes italiennes a atteint 2.206, ce qui enregistre une augmentation de 57,5% par rapport à la même période en 2021.


Une partie du rapport mensuel des Mouvements sociaux, réalisé par l’Observatoire social tunisien (OST), relevant du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (Ftdes), retrace la migration non réglementaire au cours du mois de mai 2022.

La Tunisie en deuxième position

Entre le 1er janvier à fin mai 2022, le nombre de migrants tunisiens arrivés en Italie a atteint 2.206, soit 11% du total des arrivées en Italie, et en deuxième position derrière les nationalités égyptienne et bengalie. Le mois de mai 2022 a, à cet égard, enregistré une augmentation de 57,5 % du nombre d’arrivées tunisiennes par rapport à la même période en 2021.

En ce qui concerne les traversées interceptées, elles ont augmenté depuis le début de l’année à 536 traversées, enregistrant à cet égard une hausse de 76,8% par rapport aux cinq premiers mois de 2021. Le nombre de migrants interceptés a, quant à lui, augmenté depuis le début de l’année à 7.250, soit une augmentation de 31,4% par rapport à la même période en 2021.

«Ces indicateurs montrent qu’une vague de migration à la hausse s’est amorcée malgré la hausse des traversées interceptées et cette vague pourrait connaître son apogée au cours du prochain mois de juillet en raison de plusieurs facteurs», souligne le rapport.

Et là, il n’est pas difficile de deviner les causes derrière, étant donné que l’augmentation de nombreux facteurs économiques, sociaux, familiaux et personnels, qui contribuent à construire le projet de migration parmi de nombreuses familles tunisiennes, en particulier les jeunes, peut présager une tendance à la hausse des opérations de migration non réglementaire lors de la période à venir. A cela on ajoute le niveau élevé de frustration qui se cache derrière les motivations pour lesquelles les Tunisiens, notamment les jeunes, veulent quitter le pays.

68,87% ne sont pas des Tunisiens

Toujours selon les chiffres publiés par le Ftdes, le nombre de mineurs arrivant sur les côtes italiennes a atteint 354, soit 15,63% du total des arrivées tunisiennes. Quant au nombre de femmes arrivées depuis le début de l’année, il a atteint 77, soit 3,47%.

S’agissant des opérations interceptées depuis Sfax, elles ont représenté 49,7% du nombre total d’opérations de migration non règlementaire. Viennent ensuite le gouvernorat de Nabeul en deuxième position avec 13,6% et en troisième position, le gouvernorat de Sousse qui a connu une augmentation du nombre de passages interceptés qui s’est élevé à 10,05%.

Les migrants tunisiens ont, à cet effet, représenté 31,12% du nombre total de migrants empêchés de traverser le territoire tunisien, tandis que le reste des nationalités a représenté 68,87%.

399 victimes

S’agissant des traversées interceptées en mer, le rapport indique qu’elles se sont élevées à 72,71%, un chiffre qui renvoie à l’ampleur des moyens techniques et logistiques alloués à la surveillance et à la prévention en mer, fruit de la coopération tuniso-européenne.

Par contre, on ne retrouve pas d’effet des moyens techniques et logistiques alloués à la surveillance dans la prévention des décès en mer, puisque le nombre de disparus et des victimes s’est élevé à 399 individus.

«Il convient de souligner que la veille menée par le Département de migration rencontre des difficultés, étant donné que les rapports du ministère de l’Intérieur ne se caractérisent pas par la fréquence et l’information sur toutes les opérations et qu’ils manquent de précision et de détails, sans oublier que les communications du ministère de la Défense ont changé les méthodes de leur formulation et ne fournissent plus de précisions permettant de déterminer le lieu exact de l’interception ou du sauvetage, ni le lieu d’où le bateau est parti», conclut le rapport.

Charger plus d'articles
Charger plus par Meriem KHDIMALLAH
Charger plus dans Société

Laisser un commentaire