Le secteur du numérique présente un gisement de croissance pour l’économie tunisienne. Il joue aussi un rôle important dans l’amélioration de la compétitivité des entreprises et la contribution à l’inclusion sociale des populations. L’Etat a beaucoup fait afin de mettre en place les infrastructures et le cadre nécessaires à son développement.

D’après les statistique de l’INS, le secteur du numérique en Tunisie contribue à hauteur de 4,3% du PIB, 2,9 % à l’investissement et emploie 113.000 personnes. Ce secteur présente de multiples avantages. Il est à la fois un levier de compétences hautement qualifiées, il présente un cadre incitatif pour encourager l’industrie du logiciel (les technopoles, les pépinières d’entreprises…) et jouit d’une législation favorable à l’entrepreneuriat et à l’innovation, notamment le programme « Startup Tunisia ».

Le secteur du numérique en Tunisie est un secteur porteur, disposant d’un potentiel d’exportation confirmé par un savoir-faire reconnu sur le marché international. Grâce à sa position géographique avantageuse et son ouverture vers le reste du monde, la Tunisie constitue une destination privilégiée pour l’investissement dans le secteur du numérique et peut servir de hub pour l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient.

Les infrastructures et l’écosystème nécessaires

Pour l’économie tunisienne, le secteur du numérique offre un gros potentiel en termes de compétitivité et de création d’emplois. C’est pour cela que, depuis 2020, l’Etat a conçu un plan sectoriel baptisé « Tunisie numérique 2020 » qui consiste à mettre en place les infrastructures et l’écosystème nécessaires à son développement. Ce plan vise aussi à placer la Tunisie dans le Top 3, en termes de délocalisation et en tant que leader en délocalisation informatique dans la région « Mena » et faire du numérique et de l’innovation les moteurs d’une nouvelle croissance pour l’économie.

Pour encourager la transition vers le numérique et construire un cadre favorable, un appel a été fait au législateur tunisien. Et c’est en 2018 qu’a été mis en place le « Startup Act ». Selon les autorités officielles, notamment le ministère des TIC, « cette loi vise surtout à créer un écosystème favorable à l’entrepreneuriat et à des investissements dans le numérique susceptibles de réaliser une forte valeur ajoutée et une compétitivité au niveau international et, partant, faire de la Tunisie une ‘‘startup nation’’». Cette loi s’est fondée sur quatre piliers, à savoir : l’institution d’un interlocuteur unique pour les startup, la digitalisation des processus administratifs, la simplification des procédures et le raccourcissement des délais en plus de l’attribution de certains autres privilèges spécifiques.

Un ensemble de startup, composé de représentants du secteur public, de membres de fonds d’investissement et d’experts reconnus, et qui travaille  sous la tutelle du ministère des TIC, octroie un label « startup » à toute société qui remplit des critères aussi bien techniques que de fond.

400 startup labellisées

Selon l’opérateur national du Startup Act « Smart Capital », entre avril 2019 et avril 2020, 416 startup ont pu postuler pour l’obtention du label afin de bénéficier des avantages et incitations du Startup Act. Plus de la moitié d’entre elles (248 startup) ont obtenu ce label et 49 étaient en cours de labellisation. Toujours selon « Smart Capital », le projet « Startup Tunisia » a pu relever le défi, il a installé de nouveaux usages relatifs au nouveau cadre légal en Tunisie, il a donné naissance à plus de 400 startup labellisées, qui peuvent profiter des avantages de ce nouveau dispositif, et dont les fondateurs sont aussi bien tunisiens qu’étrangers avec une grande présence de fondateurs issus de la diaspora tunisienne.

Il est à rappeler que ce programme attend beaucoup du lancement du Fonds des fonds ainsi que du programme d’appui aux startup et aux structures d’accompagnement, en vue de l’appui à l’écosystème.

Il ne faut pas oublier que l’Etat a déjà mis en place une stratégie numérique pour 2025. Cette stratégie s’articule autour de six axes. Le premier concerne le développement de l’inclusion numérique et financière afin de garantir un accès à la connexion (connectivité haut débit) et aux services financiers grâce au numérique (e-paiement, banque postale,…).

Simplifier les procédures

En second lieu, vient l’encouragement de l’investissement étranger et local dans le secteur du numérique en plus du développement d’un écosystème de start-up et d’innovation. Ensuite, il est important de digitaliser et simplifier les procédures administratives et développer les services numériques destinés aux citoyens. En quatrième lieu, il faut définir la stratégie de positionnement de la Tunisie sur les technologies de rupture et/ou en émergence (IA, Blockchain, Quantum Computing…), ainsi que le développement de la R&D dans le domaine des TIC. Il est nécessaire d’adapter la politique de formation et d’emploi aux besoins du secteur TIC et des orientations stratégiques et, enfin, mettre en place et déployer une politique de cybersécurité et renforcer le cadre de protection des données.

Il est important de rappeler que les attentes sont devenues grandes après la crise de la Covid-19. Selon l’INS, les entreprises ont augmenté leur utilisation des plateformes numériques principalement pour les tâches administratives (48,6%) et pour le travail à distance (43,2%). Les utilisations des TIC pour les moyens de paiement et les ventes ont augmenté respectivement de 19,5% et 10,1% durant le deuxième trimestre 2020 et à 26,3% et 23,1% durant le troisième trimestre 2020.

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