Après son match nul heureux face au CA, le CSS est devant la nécessité de vaincre l’USM pour être à l’abri de tout sursaut rageur des «Rouge et Blanc» à Sousse qui pourrait lui coûter la troisième place.

Le grand bonheur, le bonheur parfait dans un championnat, c’est, bien entendu, de monter en fin de parcours sur le podium et de brandir le trophée de champion. Mais à chacun son bonheur et celui du CSS, qu’on croyait incapable même de terminer dans le trio de tête, est justement de déjouer ces pronostics défavorables au départ, de finir à la troisième place et de briguer haut la main ce précieux billet pour la Coupe de la CAF. Au vu du tas de problèmes de toutes sortes auxquels est confronté le club de la capitale du Sud, la réalisation de cet objectif serait un bel exploit qui mériterait d’être fêté comme une belle éclaircie dans la grisaille et comme un très beau moment de joie. Le seul concurrent qui est resté mathématiquement dans la course et qui nourrit la même ambition est le Club Africain. L’Étoile, elle, est déjà hors d’état de nuire car même en cas de victoire des Etoilés et de défaite des «Noir et Blanc», les confrontations directes entre les Sahéliens et les Sfaxiens jouent en cas d’égalité (15 points) en faveur du CSS (1-1) à Sousse et, succès à Sfax (1 à 0). Le pire et seul scénario à éviter serait donc une victoire des protégés de Adel Sellimi contre une défaite ou un match nul des hommes de Nabil Kouki lors de cette dernière journée. Alors, pour ne pas avoir la main sur le cœur jusqu’à l’ultime minute et ne pas connaître ces frayeurs, il faudra, côté sfaxien, jouer pour gagner et éviter de tabler sur un résultat favorable qui pourrait ne pas venir du Stade de Sousse.

Moins de pression

Heureusement pour le CSS que l’adversaire du jour, l’USM, ne se fait pas la moindre illusion sur un faux pas de l’Espérance contre l’USBG à Radès et semble logiquement résigné à finir deuxième car il est désavantagé par rapport aux «Sang et Or» dans le goal difference des matches aller du play-off en cas d’égalité. Sur le papier, le match n’est donc plus un écueil très délicat pour Nabil Kouki. Il suffit seulement de faire la bonne approche et de bien gérer ces 90 minutes de jeu qui le séparent de ce rêve devenu une réalité à la portée et un destin bien en mains.

De bons atouts malgré les défaillances

Bien sûr, il y a toujours ces cas qui chiffonnent, comme le départ annoncé dans l’attente de confirmation de Houcem Dagdoug pour le Raja, annonce qui rejoint celui de Mohamed Ben Ali pour l’EST, comme les informations toutes récentes de l’accord imminent de Aymen Harzi avec un club égyptien, comme les discussions sur le prolongement de contrat avec certains joueurs cadres qui piétinent et qui risquent d’avorter avec principalement Walid Karoui, comme l’absence de Mahmoud Ghorbel suite au carton rouge écopé jeudi dernier, mais ce n’est pas pour autant des raisons même si elles sont de poids pour laisser passer l’occasion de terminer en beauté une saison commencée dans la douleur. Avec un effectif enrichi en cours de route et ce grand appétit venu en mangeant, ces problèmes sont en mesure d’être résolus, voire de passer inaperçus. Aymen Dahmen, devenu portier «number one» de la sélection, sera bien là en maestro, comme il l’a été face au CA, pour donner confiance et galvaniser les dix joueurs de champ présents sur le terrain et appelés à réussir cette apothéose. Des jeunes qui promettent, comme Alâa Ghram, Mohamed Nasraoui, Nour Ezzamen Zamouri et Ghaith Mâaroufi, s’il est rétabli, seront les piliers de la bonne assise défensive. Au milieu, où la bataille sera âpre avec le trio de récupérateurs de grande classe monastiriens Omarou-Aoulo-Jlassi qui sont le point fort de l’équipe, il y a avec la plaque tournante qu’est le vétéran Chadi Hammami, une variété de choix et des profils de joueurs qui se complètent, qui jouent pour le collectif et qui permettent d’aligner un milieu à quatre de grande envergure, capable d’étouffer les rouages importants du dispositif de Faouzi Benzarti. L’Algérien Malick Rayah, l’Irakien Hussein Ali, l’international olympique Fares Neji et un Walid Karoui bien inspiré et bien dans sa tête donneront la possibilité de trouver la bonne équation de jeu pour bien équilibrer le secteur clé de ce match qu’est l’entrejeu, en vue de réussir la transition dans les deux sens, défense-attaque et attaque-défense. Pas de soucis également pour la ligne avant au cas où Aymen Harzi serait écarté après les derniers échos de sa décision définitive de ne pas rempiler car Achraf Habbassi a prouvé qu’il peut, lui aussi, être l’un des hommes forts du compartiment offensif avec le duo Ismail Diakité-Firas Chaouat, même apparu en baisse de forme lors du classico avec le Club Africain. Et puis, il y a la carte Hazem Haj Hassen qui pourrait être jouée d’entrée et pas laissée comme joker, tellement ce joueur, tout feu tout flamme, percutant à souhait sur les couloirs, explosif et insaisissable dans les percées, peut être le bon moteur de l’animation offensive et ouvrir le chemin de cette victoire tant convoitée. Même si la CAF a officialisé que le détenteur de la Coupe la saison écoulée a droit à une participation africaine, ce qui est le cas du CSS, Nabil Kouki tient plus que jamais à cette troisième place qui sera pour lui plus qu’un grand symbole de réussite, mais une véritable consécration.

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