Après que le mal a été fait, on ferme les virages à Radès et à Sousse. Quelle réactivité de la Ligue du football et, bien sûr, de son patron, le bureau fédéral ! Cela fait des années que ces virages sèment la haine et pratiquent la délinquance et la violence via de  jeunes hors-la-loi qui se permettent tout. Cela fait des années que ces «ultras» violents, et dont une partie sont des criminels ou recherchés par la justice, ont pris l’ascendant sur la police à plusieurs reprises, alors qu’à l’intérieur de ces virages de la honte, il y a des clans et des groupes de délinquants qui s’entretuent pour l’argent et pour le pouvoir sur ces virages. Le décor n’a pas beaucoup changé, ces virages sont montés en puissance, profitant de leur «popularité» sur les réseaux sociaux et auprès d’une jeunesse mal encadrée et qui n’a aucun soutien  de leurs parents ou de l’Etat. Ces jeunes, qui vivent dans une société tunisienne dégradée éthiquement et où tout se permet maintenant, fusent sur ces virages comme refuge et comme destination préférée pour se défouler. Ils sont repris par des criminels qui profitent de leur fragilité pour les détourner vers la violence. Dans ces virages, on vend et on achète des stupéfiants, on règle des comptes, on planifie des crimes et des infractions, on chante et on parle un langage de malfrats. Le match ou le club qu’ils encouragent, ça vient avec tout cela. Et parfois, des truands, qui n’ont rien à voir avec le football, s’infiltrent pour profiter du désordre. Dimanche dernier, au derby tunisois, ils étaient des centaines de supporteurs en plein délire près du terrain sous le regard passif et complice  des forces de l’ordre. Des scènes d’hystérie que l’arbitre a vues mais il  n’a rien fait. Quelques jours plus tard, à Sousse, des supporteurs  ont envahi le terrain à partir du virage pour tenter d’agresser un joueur. Mais est-on conscient de la gravité de ce fléau des virages à la tunisienne? A l’étranger, ces ultras sont peut-être plus violents, on le concède,  mais là-bas il y a des structures sportives qui appliquent la loi (comme les sanctions infligées au public de Saint-Etienne après l’invasion du terrain),  et il y a des forces de l’ordre et une justice ferme et équitable et, derrière elles toutes, un Etat qui force  la loi et qui, en même temps, étudie et communique autour du phénomène des ultras. Ici, on a le réflexe de sacraliser les ultras et les virages. Ces plateaux-télé, cupides d’audimat et populistes, donnent souvent raison à ces virages de la haine et de la violence.

Intouchables, incontrôlables, impunis et de plus en plus violents, ces supporteurs ont déjà pris l’ascendant. Leur fermer les virages n’est qu’un palliatif, ils peuvent mettre du chaos dans d’autres parties du stade. C’est cette culture des virages qui triomphe malheureusement. C’est déjà trop tard !

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