Peut-on réduire les problèmes de l’enseignement en l’écart considérable du taux de réussite au bac entre la région de Sfax et celle de Kasserine ? Ce serait escamoter le fond du problème. Ces écarts datent depuis des décennies et reflètent à la fois la fracture interne entre des régions plus favorisées que d’autres et les mauvaises méthodes adoptées pour gérer le portefeuille du développement régional. Ces résultats d’un bac qui perd au fil des années de sa consistance et de sa compétitivité internationale sont un maillon d’une chaîne effritée et grippée qu’est l’enseignement. Une chaîne désordonnée depuis l’école de base et jusqu’à l’université : des «inputs» de plus en plus mal formés et mal entretenus qui rentrent dans un système éducatif défaillant et rigide pour déboucher sur des «outputs» peu compétitifs sur le marché de l’emploi. Il  est vrai que la réforme de l’enseignement est sur toutes les lèvres, mais on n’est jamais passé à l’action pour des décisions qui améliorent les conditions de l’enseignement, en commençant par la logistique jusqu’aux enseignants en passant par les programmes et l’encadrement des enseignants. Il faut voir à quel point la qualité des écoles, des lycées et des universités s’est dégradée dans cet enseignement à plusieurs vitesses et de masse qui privilégie le volume sur la qualité. Force est de constater aussi que nos élèves sont bombardés par des programmes chargés qui les poussent à apprendre mécaniquement sans esprit critique. Des emplois du temps chargés et des matières qui se répètent sans mise à jour, alors qu’à côté des enseignants, c’est une logistique coupable et une incapacité à comprendre cette nouvelle génération d’élèves qui ne ressemble pas à celles du passé.

A cette génération d’élèves qui surfent sur le web et qui manient des tablettes, on répond par une école à l’esprit passéiste. Et avec cette course effrénée vers les cours particuliers, ceux qui ont les moyens ont plus de chances de réussir jusqu’au bac et même plus tard. Vous comprenez pourquoi ces milliers d’étudiants plongés chaque année sur le marché de l’emploi souffrent tant. L’enseignement comme chaîne de valeur reliée n’a plus de valeur ajoutée respectable tant qu’on reste enfermé dans les modèles de masse et les contenus chargés avec des enseignants dont une grande partie ne fournit pas d’effort pour se mettre à la page. Les résultats du bac sont la conséquence d’une chaîne endommagée qui attend de vraies idées de réforme et de modernisation, même avec des moyens pas larges.

  • Tirer profit de la plaisance

    La Tunisie, qui dispose de  1.300 km de côtes, n’arrive pas à promouvoir l’activité de pla…
  • Des partis dans le déni du réel

    Maintenant que le parti Afek Tounès a déposé, officiellement, vendredi 12 août, un recours…
  • Un message tranchant

    S’il existe un mérite que l’on est en mesure de dégager de la malheureuse polémique ayant …
Charger plus d'articles
Charger plus par Rafik EL HERGUEM
  • Tirer profit de la plaisance

    La Tunisie, qui dispose de  1.300 km de côtes, n’arrive pas à promouvoir l’activité de pla…
  • Des partis dans le déni du réel

    Maintenant que le parti Afek Tounès a déposé, officiellement, vendredi 12 août, un recours…
  • Ils n’ont pas le droit !

    A travers ses différentes prises de position, les discours et l’apologie de ses principaux…
Charger plus dans Editorial

Laisser un commentaire