Faute de gros moyens pour concurrencer les grands de notre continent, l’Espérance doit faire preuve de beaucoup de savoir-faire sur le plan contractuel…

Au début de la saison 2021-2022, les fans de l’Espérance ont, comme toujours par le passé, nourri l’espoir de voir leur équipe de cœur réussir une belle razzia à l’instar des saisons exceptionnelles de 1994, 2011, 2018 et 2019.

Lesquelles saisons ont été spécialement marquées par l’octroi des quatre trophées de la plus prestigieuse des compétitions, en l’occurrence la Ligue des champions africaine.

C’est que les supporters et la large famille espérantistes n’ont d’yeux que pour les consécrations continentale ou arabe pour prouver la supériorité et la suprématie du principal représentant du football tunisien dont il est le premier porte-drapeau.

Mais malheureusement et pour la troisième saison de suite, c’est-à-dire depuis 2019, le doyen des clubs tunisiens ne brille plus et se contente du titre du champion national.

On ose même dire que l’accumulation des titres de champion de Tunisie (32 depuis l’Indépendance) n’épate plus outre mesure, les supporters devenus habitués à l’excellence qui a connu son firmament particulièrement en 2018 et 2019.

En effet, s’affirmer maître absolu et incontesté du football africain, en  présence de tous les mastodontes de notre continent, impose le respect et procure  une notoriété et une aura inégalées. Mais pour s’y maintenir, cela demande des moyens énormes et même une vraie industrie où les géants de notre continent Al Ahly, Ezzamalek, T.P. Mazembé, Raja, Wided Casablanca etc.. sont déjà passés maîtres.  Et chaque saison qui vient rend la tâche de suivre la cadence plus ardue encore pour l’Espérance.

Recrutements et départs

Il est vrai qu’avec les moyens du bord, l’Espérance reste capable d’affirmer encore sa domination sur le plan local, mais sur le plan continental et régional les choses se corsent de plus en plus.

Et rien que sur le plan du renforcement de l’effectif, en vue d’être fin prête pour les nouvelles aventures à l’extérieur du pays, l’Espérance est contrainte de recruter des joueurs patentés.

Et ce genre de joueurs ne court plus les rues de nos jours. Et même s’ils existent, l’Espérance ne peut plus rivaliser avec les autres pour s’adjuger leurs services. Ce qui nous conduirait à dire qu’à l’avenir, enrôler des joueurs de la trempe de Malitoli ou d’Eneramo (par exemple) relèverait du miracle tellement la concurrence  est rude.

Pis encore, même les pépites de l’Espérance, à l’instar de Mohamed Ali Ben Romdhane ou l’Algérien Elyès Chetti qui sont encore sous contrat, au moins pour une autre saison, sont convoités par beaucoup d’autres clubs étrangers (Europe, Afrique, Pays du Golfe).

Ce n’est pas sans risque de les voir s’envoler ! Cela est un phénomène pas nouveau vécu déjà avec Anice Badri, Raouf Ben Ghith et beaucoup d’autres qui risquerait de s’amplifier à l’avenir. Il s’agit d’un vrai marché au vrai sens du terme où seuls les plus nantis ont le droit d’imposer leurs lois… financièrement !

Du coup, parvenir à remporter un titre africain ou arabe à l’avenir relèverait du miracle ou du moins de l’exception. Il ne faut plus se mentir.

Toutefois, pour éviter la fuite des «vedettes», la veille règlementaire (et juridique) se doit d’être créative en imposant des «garde-fous» astucieux visant à préserver les acquis et à bannir l’utilisation de l’Espérance comme tremplin.

Chaque joueur doit donner la contrepartie de sa notoriété acquise à l’Espérance qu’il soit étranger ou Tunisien. Tous les contrats doivent être honorés jusqu’à leur terme.

Par ailleurs, l’Espérance pourra refaire surface à l’échelle continentale, la saison prochaine, si elle arrive à pourvoir son effectif de quelques joueurs patentés dans certains postes tout en empêchant le départ de tous ceux qui sont encore liés contractuellement.

Nous pensons qu’avec une ossature déjà bien étoffée, composée essentiellement de Debchi, Chetti, Togay, Coulibaly, Ben Romdhane, Chaâlali, Bougrine, Badri, Houni, Ben Hamouda, Ben Hmida, Berrima, Mimouni et d’autres nouvelles recrues, l’Espérance aura la latitude de jouer à nouveau les premiers rôles à l’échelle africaine et arabe.

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