Depuis plus d’une année, nous sommes dans un cycle inflationniste. Un phénomène qui n’est plus conjoncturel. Les événements géostratégiques ont influé sur la tendance haussière de l’inflation, mais n’en sont pas le facteur déclencheur.

Avec la conjoncture actuelle où la guerre en Ukraine est en train de retracer la carte géopolitique mondiale et identifier son impact socioéconomique à l’ensemble de la planète, le rapport de la Banque mondiale n’augure pas de lendemains meilleurs. Bien au contraire, ses prévisions esquissent un itinéraire hautement risqué qu’est appelée à emprunter une grande partie de la population mondiale, sous l’effet des dysfonctionnements et des perturbations que subissent les échanges commerciaux internationaux et qui ne seraient pas près de prendre fin rapidement.

Le choc des prix provoqué par ces facteurs risque encore de durer pour au moins les deux années à venir, alerte l’institution de Bretton Woods, touchant en premier lieu les pays gros importateurs de produits alimentaires et d’hydrocarbures.

Alors que l’économie mondiale tente de rebondir, après la crise sanitaire du Covid-19, qui l’a mise à plat, voici qu’elle voit s’installer une inflation à portée pandémique qui affecte plusieurs régions et de très nombreux pays dans le monde.

Dans un pays comme la Tunisie, où la cherté de la vie est devenue depuis longtemps l’ennemi public numéro 1, l’Etat promet à chaque fois de continuer à soutenir le citoyen en préservant son pouvoir d’achat, sans pour autant prendre aucune mesure de soutien.

Selon les données publiées, récemment, par l’Institut national de la statistique (INS), le taux d’inflation en Tunisie confirme sa tendance haussière, au mois de juin 2022, en augmentant encore une fois pour atteindre 8,1% contre 7,8% en mai, 7,5% en avril et 7,2% en mars.

Les acteurs économiques et les ménages ont assisté, dès le début de cette année, à une accélération de l’inflation, restée désormais à des niveaux contenus.

Les données sur les prix à la consommation font ressortir des hausses sensibles au cours des derniers mois pour certains produits alimentaires et pour les carburants et lubrifiants, en relation essentiellement avec des pressions externes liées à la flambée de leurs cours sur les marchés internationaux. Toutefois, l’inflation devrait rester à des niveaux contenus au cours des deux prochaines années.

Cette tendance inflationniste, atteignant un niveau intolérable, continue de secouer les ménages et l’économie nationale avec une érosion accélérée du pouvoir d’achat qui pourrait s’inscrire dans la durée, poussant de nombreuses familles au bord de la précarité. Tendance accentuée également par la chute de la valeur du dinar depuis plusieurs années.

En somme, le reste de l’année 2022 s’avère aussi complexe, étant donné la flambée des cours des produits alimentaires sur les marchés mondiaux, l’envolée de l’inflation chez les pays partenaires, la baisse de la valeur de la monnaie nationale, etc. Certains dysfonctionnements structurels qui participent à l’accélération des prix, dont l’informel et la dérégulation des marchés, semblent avoir aussi la peau dure, faute d’une stratégie réfléchie, censée remettre de l’ordre dans les marchés plutôt qu’une politique répressive et punitive, source quelquefois de désordre.

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Charger plus par Najoua Hizaoui
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